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MILK-NEWS

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Bulletin EMB Février 2012

  • Pour le marché du lait comme pour la finance : Sans règles claires, rien ne va plus ! Piste de solution pour l’approvisionnement laitier en Europe
  • « Pas un mouvement éphémère » - plus de 20.000 personnes manifestent à nouveau pour une nouvelle politique agricole
  • « Bon et équitable en Europe » - stand commun « lait équitable » à la semaine verte internationale de Berlin
  • Le nouveau ministre prête l'oreille aux producteurs de lait belges
  • Les prix du lait en 2011
  • Quand des différences se convertissent en force - interview avec une collaboratrice de la première heure

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Chers éleveurs, chers intéressés,

En janvier je me suis rendue à Berlin avec mes collègues du comité directeur de l'EMB, afin d'assister pendant quelques jours à la semaine verte internationale. Cette immense foire de l'agriculture est vraiment destinée aux consommateurs. Des milliers de visiteurs ont l'occasion d'y rencontrer exposants, commerçants et agriculteurs et - comme au stand « lait équitable » de l'EMB - de s'informer au sujet des conditions de production des denrées alimentaires et de déguster les produits.

De nombreux acteurs des milieux politique et industriel sont toutefois également impliqués dans le programme-cadre de la semaine verte. Ils posent devant les grands tracteurs pour les médias et prennent part à des conférences de presse et des tables rondes.

Lors des nombreux événements auxquels j'ai assisté, un fait a particulièrement attiré mon attention: alors que les stands présentaient l'image d'un monde de l'agriculture apparemment intact, les acteurs du marché de l'agriculture sont bien conscients des problèmes existants. C'était par exemple le cas des orateurs qui ont pris la parole lors de l'ouverture de la foire. Sans exception, ils ont parlé des conséquences négatives de la vente de produits agricoles à un prix inférieur aux coûts de production, de la répartition injuste des marges bénéficiaires ainsi que de la responsabilité des consommateurs lors de leurs achats. Quel dommage que lors de la mise en pratique des beaux discours l'on ne tienne à nouveau compte que des gains des top managers du commerce et de l'industrie, sans prendre au sérieux les intérêts des citoyens européens.

Les changements nécessaires dans le secteur agricole ne vont pas assez loin et ne sont pas mis en œuvre assez rapidement. Un des intervenants lors du dialogue citoyen organisé par le groupement « Meine Landwirtschaft » (« Mon agriculture ») dans le cadre de la semaine verte, le Commissaire européen à l'agriculture Dacian Ciolo?, a réagi à ce propos. Tout en promettant de faire valoir ses revendications pour une agriculture paysanne et durable, il avertissait en même temps qu'il ne fallait pas avoir des attentes trop ambitieuses quant à la réforme de la politique agricole de l'UE. Il comparait les États membres de l'UE à un éléphant que l'on veut faire avancer: « comment voulez-vous amener un éléphant à avancer rapidement? » En le tirant et le poussant on n'irait pas loin. « Mais si vous lui tenez une friandise sous le nez, il bougera. »

Pour les agriculteurs et les consommateurs européens l'éléphant n'avance pas assez vite. C'est ce que montraient très clairement les 23.000 (!) personnes défilant dans les rues de la capitale allemande lors de la manifestation « Wir haben es satt » (« Nous en avons marre ») organisée dans le cadre de la semaine verte.

Avec autant de personnes engagées, il y a de plus en plus d'espoir qu'à l'avenir peut-être l'éléphant avancera tout de même un peu plus vite!

 

Cordialement,


Sieta van Keimpema

(Vice-Présidente de l'EMB)

Pour le marché du lait comme pour la finance : Sans règles claires, rien ne va plus ! Piste de solution pour l’approvisionnement laitier en Europe

conférence de presse de l'EMB à la Semaine Verte à Berlin

Hamm / Berlin, le 19 janvier 2012 : La problématique des dettes publiques et la crise financière internationale en apportent la démonstration éclatante : la libéralisation des marchés nous entraîne en eaux troubles et plonge la finance dans une crise profonde. Les mêmes dérives sont observées sur le marché du lait, où les tensions sont, d’ores et déjà, exacerbées et la dérégulation prévue, passant notamment par l’abolition des quotas en 2015, ne fera que nous rapprocher de l’abîme. Suivant la tendance, les prix demeurent extrêmement bas et s’accompagnent d’abruptes variations et d’une dépendance accrue des producteurs de lait envers les conglomérats laitiers et les banques. Des règles claires sont nécessaires dans le souci de garantir un fonctionnement sain du marché.

 

 

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« Pas un mouvement éphémère » - plus de 20.000 personnes manifestent à nouveau pour une nouvelle politique agricole

« Nous en avons marre! - Des fermes au lieu de l'industrie agricole. » Telle était la devise des 23.000 manifestants qui parcouraient les rues de Berlin jusqu'à la chancellerie le 21 janvier malgré les températures hivernales et la neige fondue. Ils voulaient signaler leur volonté de changer les choses. Dans le cadre de la semaine verte, la manifestation regroupait de nombreux consommateurs, écologistes, protecteurs des animaux, apiculteurs et agriculteurs. Leur objectif: une réorientation de la politique agricole; mettre fin aux scandales dans les domaines de l'alimentation animale et des denrées alimentaires, au mauvais traitement des animaux dans les « usines agricoles » et à la présence d'OGM dans nos assiettes. Déjà en 2011 plus de 20.000 personnes étaient descendues dans la rue avec les mêmes revendications.

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« Bon et équitable en Europe » - stand commun « lait équitable » à la semaine verte internationale de Berlin

Le European Milk Board était représenté à la semaine verte internationale de Berlin du 20 au 29 janvier 2012 avec un stand commun des pays du lait équitable (l'Autriche, l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas). Il s'agit de la plus grande foire du consommateur du monde dans le domaine agro-alimentaire. L'EMB y présenta les différentes sortes de lait de la famille du lait équitable et informa les consommateurs au sujet de la nécessité d'un prix rémunérateur pour les producteurs de lait.

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Le nouveau ministre prête l'oreille aux producteurs de lait belges

Source: Wikimedia Commons

Lors d'une audition des producteurs de lait au parlement de la Région wallonne de Belgique le 24 janvier, le nouveau ministre de l'agriculture Carlo di Antonio se montra intéressé aux problèmes des producteurs laitiers.

Les agriculteurs ont vite compris que les politiciens n'étaient pas vraiment conscients de la situation difficile des producteurs de lait belges. Selon Erwin Schöpges, Président du MIG et membre du comité directeur de l'EMB, une des raisons en est qu'il y a peu d'échanges entre producteurs et politiciens: « Généralement les producteurs de lait ne sont pas présents lors des auditions dans le domaine de l'agriculture. De plus, jusqu'à présent il y a eu très peu de débats à ce sujet en Belgique. »

 

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Les prix du lait en 2011

Source: Wikimedia Commons

L'EMB publie régulièrement une comparaison des prix du lait pratiqués par une série de laiteries en Europe. À l'adresse suivante vous trouverez le détail des statistiques: www.europeanmilkboard.org/fr/emb/comparaison-de-prix-de-lait.html. Voici un petit aperçu des prix pratiqués par les laiteries en 2011.

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Quand des différences se convertissent en force - interview avec une collaboratrice de la première heure

Pendant plusieurs années, Sonja Korspeter a travaillé comme secrétaire générale et chargée de l'agriculture de l'EMB. Début 2012 elle quitte l'organisation afin de relever de nouveaux défis. Bonne raison pour nous de lui poser quelques questions au sujet de son travail à l'EMB.


Silvia Däberitz: Sonja, tu vas quitter l'EMB dans quelques jours. Comment ton travail pour l'EMB a-t-il débuté?

Sonja Korspeter: C'était en novembre 2004 à Hambourg lorsque j’accompagnais un producteur laitier français. Dans le centre d'affaires de l'aéroport, l'union des producteurs de lait allemands (BDM) avait invité les producteurs laitiers européens à se réunir. Ainsi les représentants de sept pays européens se mirent d'accord sur leur premier communiqué de presse commun. Il contenait trois déclarations principales: « Premièrement: ensemble nous revendiquons un prix à la production de minimum 40 centimes d'euro par kilo de lait. Deuxièmement, les producteurs de lait européens ne permettront plus que l'on sème la discorde entre eux. Troisièmement: les préparatifs pour le boycott de livraison de lait ont débuté! »

 

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Textes complèts

Pour le marché du lait comme pour la finance : Sans règles claires, rien ne va plus ! Piste de solution pour l’approvisionnement laitier en Europe

conférence de presse de l'EMB à la Semaine Verte à Berlin

Hamm / Berlin, le 19 janvier 2012 : La problématique des dettes publiques et la crise financière internationale en apportent la démonstration éclatante : la libéralisation des marchés nous entraîne en eaux troubles et plonge la finance dans une crise profonde. Les mêmes dérives sont observées sur le marché du lait, où les tensions sont, d’ores et déjà, exacerbées et la dérégulation prévue, passant notamment par l’abolition des quotas en 2015, ne fera que nous rapprocher de l’abîme. Suivant la tendance, les prix demeurent extrêmement bas et s’accompagnent d’abruptes variations et d’une dépendance accrue des producteurs de lait envers les conglomérats laitiers et les banques. Des règles claires sont nécessaires dans le souci de garantir un fonctionnement sain du marché.

 

En l’absence de surveillance financière efficace, de transparence et sans une bride passée aux spéculateurs nuisibles, le secteur de la finance vacille. De la même manière, la filière laitière présente de profonds déficits structurels, qui exigent la mise en place de mesures d’envergure. Dans les circonstances actuelles, les agriculteurs ne disposent d’aucun pouvoir de négociation et se trouvent, dès lors, dans l’incapacité d’aligner de façon ciblée leur offre sur la demande émanant des consommateurs.

 

Enseignements et solutions pour le marché du lait

Afin de renforcer leur position à la table des négociations et faire face aux transformateurs, tant les sociétaires de coopératives que les producteurs qui livrent aux laiteries privées doivent avoir la possibilité d’adhérer à une organisation de producteurs qui négocie en leur nom. Une telle organisation de producteurs doit être autorisée à peser, sur le marché, du même poids qu’une laiterie.

Dans le souci de permettre, tout au long de la filière, un alignement de l’offre sur la demande, il convient, en outre, d’instaurer une agence de surveillance dont la mission consisterait en un relevé des données capitales telles que les coûts de production, les prix et la quantification de l’offre et de la demande. Sur la base de ces données, l’agence procèderait à un calcul des ajustements de volumes ; en d’autres termes, elle calculerait le volume de production nécessaire afin a) d’aligner l’offre sur la demande, b) de garantir le paiement d’un prix rémunérateur au producteur de lait et c) de proposer au consommateur un juste prix pour ses produits laitiers.


Spéculation à haut risque

La spéculation a provoqué des fluctuations dévastatrices dans le secteur de la finance. Nul ne sait si le marché se remettra de telles turbulences. Spéculer sur des denrées alimentaires comme le lait relève de l’irresponsabilité. Selon la Banque mondiale, entre les seuls mois de juin 2010 et avril 2011, un « tsunami silencieux », du nom donné par les experts mondiaux de l’alimentation aux dangereuses hausses de prix imposées sur les denrées de base par des spéculateurs agissant sur les bourses à terme des denrées alimentaires, a précipité dans la misère quelques 44 millions de personnes.

Le bon fonctionnement des marchés du lait et de la finance doit être restauré. La confiance des citoyens envers les marchés est fortement ébranlée. A l’avenir, il faudra apporter la preuve que ces marchés peuvent fonctionner dans l’intérêt des citoyens. Des règles claires s’avèrent, par conséquent, indispensables!

 

Communiqué de presse de l'EMB du 19 janvier 2012

« Pas un mouvement éphémère » - plus de 20.000 personnes manifestent à nouveau pour une nouvelle politique agricole

« Nous en avons marre! - Des fermes au lieu de l'industrie agricole. » Telle était la devise des 23.000 manifestants qui parcouraient les rues de Berlin jusqu'à la chancellerie le 21 janvier malgré les températures hivernales et la neige fondue. Ils voulaient signaler leur volonté de changer les choses. Dans le cadre de la semaine verte, la manifestation regroupait de nombreux consommateurs, écologistes, protecteurs des animaux, apiculteurs et agriculteurs. Leur objectif: une réorientation de la politique agricole; mettre fin aux scandales dans les domaines de l'alimentation animale et des denrées alimentaires, au mauvais traitement des animaux dans les « usines agricoles » et à la présence d'OGM dans nos assiettes. Déjà en 2011 plus de 20.000 personnes étaient descendues dans la rue avec les mêmes revendications.

Tout comme l'année précédente, la manifestation était organisée par le groupement « Meine Landwirtschaft - unsere Wahl » (« Mon agriculture - notre choix »). Il s'agit d'une alliance d'organisations issues des domaines de l'agriculture, de la protection des consommateurs, de l'écologie, de la protection des animaux ainsi que de la coopération au développement. Le groupement défend une politique agricole équitable, paysanne et écologique. Pour y parvenir, il serait nécessaire, selon le groupe, de coupler les subventions agricoles à des normes dans les domaines de la protection des animaux, de la protection de l'environnement et à des critères sociaux et de mettre fin aux aides à l'exportation de produits agricoles.

Jochen Fritz du groupement « Meine Landwirtschaft » était très satisfait du déroulement de l'action: « L'année dernière il y avait une très grande affluence suite au scandale de la dioxine. Le fait que cette année autant de personnes aient à nouveau participé montre qu'il s'agit effectivement d'un nouveau mouvement. Du végétalien à l'éleveur de porcs, de l'écologiste à l'agriculteur – il est rare qu'un événement bénéficie d'un soutien aussi large dans la société ». Ulrich Jasper du collectif pour une agriculture paysanne (AbL) confirmait: « Le grand nombre de participants montre que le succès de l'événement l'année précédente n'était pas éphémère, mais que les gens s'interrogent vraiment sur la manière dont les aliments sont produits et qu'ils veulent avoir leur mot à dire. »

Kerstin Lanje de MISEREOR, l'œuvre de l’Église catholique en Allemagne chargée du développement, considérait également que l'événement était un succès. « Je trouvais juste dommage que cette année le parcours avait été raccourci à cause du défilé de mode qui avait lieu le même jour dans le cadre de la semaine de la mode. »

Hans Foldenauer de l'union des producteurs de lait allemands (BDM), soulignait que « Même si les opinions des participants divergent sur certains points, tout le monde est d'accord sur le fait que des règles claires sont nécessaires dans le secteur agricole. C'est également important dans nos yeux. La collaboration et les discussions entre les différents groupes permettent d'élaborer une opinion générale et des objectifs communs pour lesquels nous voulons lutter ensemble. »

L'ambiance était très bonne tout au long de la manifestation. Même à la fin, lorsque la foule ne cessa de danser aux sons du groupe Dota & die Stadtpiraten malgré la pluie verglaçante.


Astrid Sauvage (EMB)


« Bon et équitable en Europe » - stand commun « lait équitable » à la semaine verte internationale de Berlin

Le European Milk Board était représenté à la semaine verte internationale de Berlin du 20 au 29 janvier 2012 avec un stand commun des pays du lait équitable (l'Autriche, l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas). Il s'agit de la plus grande foire du consommateur du monde dans le domaine agro-alimentaire. L'EMB y présenta les différentes sortes de lait de la famille du lait équitable et informa les consommateurs au sujet de la nécessité d'un prix rémunérateur pour les producteurs de lait.

Le stand attirait les regards des visiteurs de la foire. Le plus grand intérêt fut suscité par notre vache laitière Justine. Curieux et pleins d'enthousiasme, de nombreux intéressés s'essayèrent pour la première fois à traire une vache. Le producteur de lait Otto Schöneweis provoqua gaieté et bonne humeur avec ses sabots « lait équitable » et en récitant ses rimes et poèmes, tels que « aussi loin que mes pas me portent / les bons et les mauvais jours / dans la lutte pour les agriculteurs et pour l'honneur / et pour le lait équitable » (traduction de l'allemand).

Nous avons eu l'occasion de parler à de nombreuses personnes, de leur expliquer la situation difficile à laquelle font face les producteurs de lait et de les informer au sujet du projet du lait équitable. Les réactions des visiteurs étaient très diverses, mais généralement très positives. Beaucoup d'entre eux s'intéressaient à la situation des agriculteurs et étaient conscients des bas prix payés aux producteurs - souvent depuis les grèves dans le secteur en 2009. D'autres s'approchaient de manière candide et n'avaient jamais entendu parler du fait que les agriculteurs gagnent si peu à la vente d'un litre de lait. Beaucoup de consommateurs seraient prêts à payer un prix plus élevé pour le lait afin de soutenir les agriculteurs et se montrèrent enthousiastes envers les initiatives du lait équitable. Lors de la dégustation c'était le goût du lait qui servait à convaincre les visiteurs. Les enfants quant à eux appréciaient particulièrement le lait chocolaté.

Malheureusement, lorsque les intéressés nous demandaient « où peut-on acheter le lait équitable? », nous devions les prier d'être patients, vu qu'il n'est pas encore disponible dans les supermarchés de Berlin et de Brandebourg. Mais c'est surtout le soutien des consommateurs qui nous donne le courage de continuer notre travail dans le cadre du projet du lait équitable.

Avec nos collègues des équipes régionales de l'union des producteurs de lait allemands (BDM), qui nous ont soutenu tout au long de la foire, nous nous réjouissons du succès qu'a remporté la semaine verte internationale à Berlin. Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenus et dont certains ont passé des journées entières à répondre patiemment et de manière compétente aux questions des visiteurs.

Malgré les difficultés cette expérience nous a clairement montré que les consommateurs sont de notre côté - le lait équitable est sur le bon chemin!


Tobias Elsner (BDM-Nord) et

Julia Turchenko (EMB)

Le nouveau ministre prête l'oreille aux producteurs de lait belges

Source: Wikimedia Commons

Lors d'une audition des producteurs de lait au parlement de la Région wallonne de Belgique le 24 janvier, le nouveau ministre de l'agriculture Carlo di Antonio se montra intéressé aux problèmes des producteurs laitiers.

La rencontre eut lieu à l'initiative du groupe de défense des producteurs de lait MIG, fédération membre belge de l'EMB. Le nouveau ministre chargé de l'agriculture ainsi que des membres de tous les partis étaient présents. L'objectif de l'audition était d'informer les politiciens de la situation critique des producteurs de lait en Europe à l'aide des exemples de la France et de la Suisse. Le Français Paul de Montvalon, Président de l'Office du lait, et Nicolas Bezencon de la fédération membre suisse Uniterre ont ainsi parlé de leur expérience. En Suisse la situation est particulièrement problématique, étant donné que les prix du lait se sont effondrés suite à l'abolition des quotas.

Les agriculteurs ont vite compris que les politiciens n'étaient pas vraiment conscients de la situation difficile des producteurs de lait belges. Selon Erwin Schöpges, Président du MIG et membre du comité directeur de l'EMB, une des raisons en est qu'il y a peu d'échanges entre producteurs et politiciens: « Généralement les producteurs de lait ne sont pas présents lors des auditions dans le domaine de l'agriculture. De plus, jusqu'à présent il y a eu très peu de débats à ce sujet en Belgique. Les députés et le ministre, qui vient de prendre ses fonctions récemment, étaient surpris quand nous sommes entrés dans la salle avec une délégation de 20 agriculteurs. Mais ils semblaient très intéressés et sont restés jusqu'à la fin de l'audition. »

Un des sujets importants évoqués était la problématique des laiteries coopératives. Le problème est que les membres n'ont plus assez d'influence au sein de « leur » coopérative. Leurs intérêts ne sont donc plus défendus de façon adéquate. À ce sujet les politiciens ont admis qu'ils sont conscients du fait qu'il ne s'agit plus de véritables coopératives. Une solution du problème ne semble cependant pas encore en vue.

Globalement Monsieur Schöpges était satisfait de l'audition: « De manière générale, nos demandes ont suscité l'intérêt des politiciens qui en ont reconnu le bien fondé. Le ministre a par ailleurs accepté de nous rencontrer à d'autres occasions afin de discuter davantage du problème. Pour nous, l'audition était un pas de plus vers une plus grande reconnaissance au niveau politique. »


Astrid Sauvage (EMB)


Les prix du lait en 2011

Source: Wikimedia Commons

L'EMB publie régulièrement une comparaison des prix du lait pratiqués par une série de laiteries en Europe. À l'adresse suivante vous trouverez le détail des statistiques: www.europeanmilkboard.org/fr/emb/comparaison-de-prix-de-lait.html. Voici un petit aperçu des prix pratiqués par les laiteries en 2011.

Pour l'Autriche l'EMB disposait des prix de la coopérative laitière de la Basse-Autriche (MGN) dont les prix pratiqués en 2011 se trouvaient plutôt dans le dernier tiers dans une comparaison à échelle européenne. Jusqu'en mars le prix était de 27,99ct par kilo de lait, pour monter à 28,99ct en avril et à 30,49ct en octobre. Les données pour les mois de novembre et de décembre ne sont pas encore disponibles.

Chez Friesland Campina en Allemagne, après s'être effondré en mars (31,50ct), le prix du lait se redressa dans les mois suivants et atteignit sa valeur maximale de 37,16ct en octobre, pour finalement retomber à 35,49ct en décembre. Les prix pratiqués chez Nordmilch et Humana augmentèrent également comparé au début de l'année. Les dernières données disponibles sont celles de juillet/août, lorsque les prix du lait des deux laiteries était de 34,00ct.

La laiterie danoise Arla débuta l'année avec un prix de 30,35ct. Celui-ci augmenta au courant du premier semestre pour atteindre 32,56ct, ce qui correspond environ à la moyenne européenne.

La laiterie italienne Mila a pratiqué un prix de 24,82ct par kilo de lait tout au long de l'année. Elle constitue ainsi la laiterie ayant payé le prix le plus faible dans notre comparaison des prix du lait.

La laiterie luxembourgeoise EKABE débuta l'année avec un prix du lait de 31,02ct qui tomba à 30,52ct dans un premier temps et augmenta par la suite à 32,02ct, prix pratiqué alors jusqu'au mois de novembre.

Pour les Pays-Bas, nous disposions de données des laiteries CONO, DOC, Friesland Campina et Leerdammer. Les prix les plus bas étaient pratiqués par Leerdammer (avec un prix maximum de 35,84ct en juin/juillet et en octobre/novembre), suivie par CONO (36,01ct de mai à octobre) et de DOC (37,16ct en octobre/novembre). Les trois laiteries ont augmenté leurs prix dans le courant de l'année. En juin, Friesland Campina payait par exemple un prix de 37,64ct. Déjà en août celui-ci retomba cependant à 35,80ct pour remonter au niveau de 36,84ct en octobre/novembre.

Les laiteries au Royaume-Uni débutèrent l'année 2011 avec des prix inférieurs à 30,00ct qui, après une chute de plus d'un centime en février, augmentèrent au courant de l'année. L'évolution des prix des différentes laiteries eut lieu de manière parallèle, First Milk pratiquant les prix les plus bas, suivie de Dairy Crest et d'Arla. En novembre, les prix pratiqués par les quatre laiteries atteignirent leur valeur maximale: chez First Milk 32,31ct, chez Dairy Crest 32,32ct, chez Milk Link 33,47ct et chez Arla 33,81ct.


Maggi Selle (EMB)


Quand des différences se convertissent en force - interview avec une collaboratrice de la première heure

Pendant plusieurs années, Sonja Korspeter a travaillé comme secrétaire générale et chargée de l'agriculture de l'EMB. Début 2012 elle quitte l'organisation afin de relever de nouveaux défis. Bonne raison pour nous de lui poser quelques questions au sujet de son travail à l'EMB.


Silvia Däberitz: Sonja, tu vas quitter l'EMB dans quelques jours. Comment ton travail pour l'EMB a-t-il débuté?

Sonja Korspeter: C'était en novembre 2004 à Hambourg lorsque j’accompagnais un producteur laitier français. Dans le centre d'affaires de l'aéroport, l'union des producteurs de lait allemands (BDM) avait invité les producteurs laitiers européens à se réunir. Ainsi les représentants de sept pays européens se mirent d'accord sur leur premier communiqué de presse commun. Il contenait trois déclarations principales: « Premièrement: ensemble nous revendiquons un prix à la production de minimum 40 centimes d'euro par kilo de lait. Deuxièmement, les producteurs de lait européens ne permettront plus que l'on sème la discorde entre eux. Troisièmement: les préparatifs pour le boycott de livraison de lait ont débuté! » À peine trois mois plus tard, une nouvelle rencontre eut lieu, cette fois-ci à Billund au Danemark. À partir de ce moment-là j'ai commencé à m'engager pour le mouvement émergent des producteurs de lait, dans un premier temps parallèlement à mon travail au collectif pour une agriculture paysanne (AbL).

Mais mon intérêt avait déjà été éveillé un an plus tôt. Lors de conversations autour de leur table de cuisine, des agricultrices et agriculteurs bretons m'avaient parlé de la situation sur leur ferme aujourd'hui et dans le passé et avaient partagé avec moi leurs visions et leur engagement politique.


Quels sont tes meilleurs souvenirs de l'EMB et quels étaient les moments les plus durs?

Ce sont d'abord les grands moments qui me viennent à l'esprit. Le congrès des producteurs laitiers en 2008 à Bruxelles. Le temps de préparation était si court et Bruxelles était si éloignée de presque toutes les exploitations. Mais alors 4.500 producteurs sont venus! Et la même année eut lieu la première grande grève. Cela a coûté beaucoup de force à tous les participants. C'est pour cette raison que c'était un moment extraordinaire lorsque nous nous sommes rassemblés devant la Porte de Brandebourg à Berlin, étant conscients de ce que nous avions accompli ensemble dans plusieurs pays européens au courant des dix jours précédents. Personne ne l'aurait imaginé auparavant. Cette action concertée a attiré l'attention des consommateurs, des agriculteurs, des politiciens et de l'industrie sur la situation des producteurs de lait. On en ressent encore les effets aujourd'hui.

Mais au fond les meilleurs moments passent souvent presque inaperçus. Ce sont les occasions auxquelles des producteurs de lait venus de plusieurs pays s'assoient à une table et ne perçoivent plus leurs différences comme un obstacle, mais comme un enrichissement, et qu'une discussion vive et constructive devient possible. De tels moments arrivent régulièrement. Selon moi, ils constituent en grande partie la force de l'EMB.


Quels sont tes plans d'un point de vue professionnel?

Pour l'instant je suis une formation en tant que conseillère pour la transmission d'exploitations agricoles afin de pouvoir guider des fermes lors de processus de transformation. L'expérience que j'ai acquise grâce à mon travail à l'EMB pourra peut-être également me servir pour conseiller des associations ou accompagner des projets de l'UE. Promouvoir la communication entre citoyens, agriculteurs et fonctionnaires politiques de différents pays restera toujours un sujet qui me tient à cœur. Mais cet aspect occupera peut-être moins d'espace pendant un certain temps ou je l'aborderai plutôt lors de la rédaction de textes.


Ton engagement pour l'EMB continuera-t-il?

Je suis sûre que le contact avec beaucoup de militants de l'EMB ne sera pas interrompu. Des sujets tels que le lait, l'agriculture, la politique agricole et le milieu rural resteront des thèmes importants pour moi. Nous avons réfléchi au sein de l'équipe à quel niveau je pourrais soutenir le travail de l'EMB à l'avenir. Cela me ferait vraiment plaisir de pouvoir concrétiser cette idée et de garder ainsi le contact.


Y a-t-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux producteurs de lait?

Oui, c'est ce qu'un bon ami à moi dit souvent: « Foncez! Et prenez soin de vous. » Ayez confiance en vous-même et soyez conscients que les structures sont souvent rigides. Il faut beaucoup de temps et d'endurance pour les changer.

En tant qu'agricultrices et agriculteurs vous approvisionnez la société en aliments et vous enrichissez nos paysages et nos cultures. C'est là le fondement d'une bonne vie, et nous - et cela vaut également pour les agriculteurs eux-mêmes - devons l'apprécier à sa juste valeur. Les autres citoyens le comprendront de plus en plus. Votre dialogue avec la société est d'une grande importance, de même que celui avec des groupements engagés dans les domaines de la protection des consommateurs et de l'environnement et de la coopération au développement. C'est important pour une autre politique agricole européenne, mais aussi pour une valeur ajoutée régionale.

Je vous remercie de tout cœur de votre confiance et l'excellente collaboration. C'était pour moi quelque chose d'absolument exceptionnel que parfois un seul appel suffisait pour que je sache que l'action sur place serait un succès parce que vous vous engagez.


Voudrais-tu aussi dire quelque chose au comité directeur et à l'équipe de l'EMB?

Chapeau pour votre engagement. En tant que membres du comité directeur de l'EMB vous investissez du temps, de l'énergie et de la compétence dans votre travail et vous y mettez du cœur. C'est impressionnant et aussi contagieux. Appréciez vos points forts respectifs, percevez ce qui a été atteint et gardez toujours ces échanges vifs. Et que penseriez-vous d'une corbeille de spécialités de production propre des représentants de l'EMB pour soutenir un bon démarrage de l'équipe de l'EMB dans la capitale européenne?

De tout cœur je remercie également mes collègues pour leur collaboration attentive et engagée. Je vous souhaite le meilleur pour vos nouvelles et passionnantes expériences à Bruxelles!


Sonja, nous te remercions vivement de cette interview et te souhaitons le meilleur pour l'avenir.


Interview: Silvia Däberitz

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