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MILK-NEWS

http://www.europeanmilkboard.org

Chers éleveurs, chers intéressés,

Les 2 et 3 novembre 2011, le comité directeur de l’EMB s’est rendu en Croatie pour participer à une conférence sur la production laitière en Europe qui avait été organisée par l’EMB et l’HSUPM. Outre la conférence, il a été mené des entretiens approfondis avec des représentants de HSUPM, la fédération croate membre de l'EMB, et également effectué la visite d’une exploitation. Vous trouverez aussi dans ce bulletin une interview de la famille d’éleveurs qui nous a reçus dans son exploitation.

Cette conférence, à laquelle ont participé non seulement de nombreux éleveurs mais aussi des représentants des institutions et de l’industrie de transformation, a mis en évidence qu’en Croatie, la politique des institutions s’oriente en grande partie sur les subventions qui sont à attendre à l’avenir de l’UE et réfléchit peu à donner des structures cadres à la production laitière. Mais où sont les réponses à ces questions suivantes :

Que faut-il faire pour que les éleveurs soient en mesure de vendre leur lait aux laiteries à des prix rémunérateurs ? Comment renforcer leur position de force sur le marché ? Comment peuvent-ils, après l’adhésion à l’UE, continuer à exister face aux importations meilleur marché venant de l’UE ? Comment peuvent-ils réussir à s’adapter aux dispositions obligatoires des normes européennes ? Quelles sont les mesures en exploitation qui sont à encourager par des subventions et permettant de mettre en place des structures viables qui profitent à long terme à la production laitière et donc au monde rural ?

La fédération HSUPM membre de l’EMB se compose de différentes associations régionales de producteurs laitiers de toute la Croatie et représente environ 5000 éleveurs. Un des thèmes actuels de cette fédération est également la réforme foncière car les parcelles étant souvent de toute petite taille, les activités agricoles y sont très difficiles. Il est prévu les mois prochains de donner suite à cette bonne coopération entre l’HSUPM et l’EMB et de l’intensifier encore.

Je vous souhaite à tous une bonne lecture.

Très cordialement,

Romuald Schaber, Président de l’European Milk Board

Interview de Vlado Ljubic, producteur laitier croate

Vlado Ljubic, 37 ans, gère avec sa femme Ljubica une exploitation laitière dans le Nord-Ouest de la Croatie, à environ 40 km de Zagreb. Ils élèvent 23 vaches laitières et environ 10 génisses. Les parents de Vlado apportent encore une aide substantielle aux travaux de l'exploitation, le père travaille également en tant qu'ambulancier. Ljubica travaille aussi quelques heures en dehors de l’exploitation dans les soins aux personnes âgées. Il prévoient dans les prochaines années d'augmenter leur cheptel à 30 vaches laitières et à 50 boeufs.

S. Korspeter : Depuis quand travaillez-vous comme agriculteur dans l’exploitation parentale ?

Vlado : J’ai repris la tête de l’exploitation en 2001. Auparavant, j’avais suivi un apprentissage en construction mécanique et avais entamé des études en construction mécanique que je n’ai pas menées à bout. Les perspectives de débouchés dans l’industrie n’étaient pas bonnes à cette époque et j’avais envie de travailler avec les bêtes dans l’exploitation. Le métier d’agriculteur me plaît particulièrement parce que je suis mon propre patron et que je peux organiser mon travail comme je l’entends.

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La conférence allemande des ministres de l’agriculture en faveur d’un renforcement de la position des éleveurs

C’est une réforme de la politique agricole (PAC 2013) d’une plus grande justice sociale que réclamaient les producteurs laitiers de l’association allemande BDM e.V. à l’occasion de la conférence des ministres de l’agriculture qui s’est tenue le 28.10.2011 à Suhl en Allemagne. Le dit « Manifeste des producteurs laitiers de Suhl » de la BDM demandait aux Ministres de revoir et d’améliorer le dit Paquet lait de l’UE.

La BDM voit son travail récompensé ; en effet, les Ministres ont apparemment reconnu qu’au vu de la puissance sur le marché de la transformation et de la distribution, plafonner le degré de représentation d’une organisation de producteurs à 3,5% de la production européenne et à 33% de la production nationale était bien trop restrictif. La BDM juge également très positif la demande de huit États fédérés de permettre aux producteurs d'adhérer à plus d’une organisation de producteurs, de définir obligatoires pour tous les États membres les critères minimum des contrats à signer entre producteurs et transformateurs et d'adapter la production à la demande en lait et en produits laitiers.

 

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Un lait au chocolat équitable aux Pays-Bas !

Le lundi 7 novembre a été officiellement présenté le lait frais chocolaté du commerce équitable de De faire melk chez C1000 Ben Krol à Arnhem. Ce lait est dès à présent proposé au rayon frais de cette chaîne de supermarché.

Ce lait frais chocolaté de De faire melk est fait à base de chocolat et de sucre de canne issus du commerce équitable et défend :

la mise en pâturage des vaches

un prix du lait équitable pour les éleveurs néerlandais

la qualité supérieure du lait frais néerlandais

le commerce équitable avec les producteurs agricoles des pays émergents

De plus amples informations se trouvent à l’adresse www.defairemelk.nl

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Rapport de la Suède : ARLA – Marché du lait – Politique

L’autorité suédoise de la concurrence a désormais donné son assentiment au projet de fusion entre Arla et Milko, une laiterie suédoise. Ce feu vert est, à ce stade, de bon augure pour les producteurs de Milko car cette fusion leur permettra d’éviter la faillite. Cependant, il faut se souvenir que la santé économique des exploitations demeure très précaire. Les producteurs Milko ont subi de graves revers économiques et il leur faudra faire preuve de résilience en attendant une stabilisation de la situation. Le Sveriges Mjölkbönder planche, par conséquent, sur diverses solutions afin d’apporter un coup de pouce économique à ces producteurs. Personne ne peut, à ce jour, préjuger des conséquences, sur le marché suédois, de l’avènement d’un poids lourd tel que la laiterie Arla. En Suède, d’autres laiteries s’inquiètent de l’avenir. La question qui se pose est celle de savoir ce qu’il se passera si les efforts de ces laiteries devaient échouer…

 

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Le marché du lait doit-il emboîter le pas aux marchés financiers?

Piste de solution pour l'approvisionnement laitier en Europe

La crise internationale de la dette et des finances ainsi que la crise sur le marché du lait partagent des origines communes. Dans un cas comme dans l’autre, les gouvernants ont esquivé leurs responsabilités en avançant l’excuse que chaque secteur fonctionnerait mieux une fois confié aux « mains » du marché. Partout dans le monde, les citoyens et les états constatent à quel point ce postulat est erroné et nous précipite dans de graves difficultés. Dans les semaines prochaines, l'UE prendra des décisions importants dans les secteurs financier et laitier. La confiance a déserté les citoyens et les citoyennes que les milieux politiques aient la volonté d'adopter des dispositions adéquates. Regagner cette confiance ne sera pas une mince affaire. Et pourtant, il s’agit de se mettre dès à présent à l’ouvrage !

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BIG-M : La réorganisation de l’IP Lait est une farce !

Après le retrait de la fédération des producteurs laitiers suisses SMP, le président de l’Interprofession Lait (IP Lait), Markus Zemp, a annoncé que ce retrait était aussi l’occasion d’entreprendre une réorganisation qui pourrait à l’avenir offrir une solution efficace aux problèmes du marché laitier. L’IP Lait est dans sa composition actuelle incapable de résoudre les problèmes énormes que connaît le marché laitier suisse. Elle regarde comment les acteurs du marché laitier bafouent toutes les dispositions : les vendeurs de lait ne se préoccupent pas le moins du monde des résolutions prises par l’IP Lait qui imposent la signalisation correcte et transparente des différentes classes de lait A, B et C. La majorité des producteurs se voient payer des prix mixtes basés sur une classification arbitraire. Les transformateurs, eux, se contentent d’annoncer leur marge.

 

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L'entreprise de transformation danoise ARLA continue sa croissance

La Commission européenne ne voit aucune objection en terme de droit des ententes à la fusion du groupe allemand de laiteries Allgäuland avec Arla. Selon son estimation, l’entreprise nouvellement constituée continuera à être confrontée à la pression concurrentielle d’une série de concurrents.

Arla Foods se rapproche encore une fois de son objectif déclaré de faire partie des trois premiers transformateurs de lait sur le marché allemand. Mais l’entreprise a continué de s’agrandir aussi dans le Nord de l’Europe en ayant acheté la laiterie suédoise Milko. La concentration dans le secteur des laiteries continue à progresser et Bruxelles craint qu’en accordant aux producteurs laitiers trop de marge dans leur taux de regroupement, ceux-ci pourraient devenir trop puissants sur le marché. Certains responsables politiques de l’UE voient les choses à l’envers. Ou alors ont une perception sélective des choses qui est dictée par des intérêts.

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Quelques rendez-vous importants des membres du bureau exécutif de l'EMB

25.11.2011 Workshop on research project “Support of Farmers’ Cooperatives” of the EU commission

24.11.2011 Meeting with Polish minister of agriculture Marek Sawicki in Warsaw

23.11.2011 Meeting with the German minister of agriculture Ilse Aigner in Berlin
17.11.2011 Meeting with the Luxembourg minister Romain Schneider in Luxembourg
10.11.2011 Meeting with representatives of the Flemish ministry of agriculture in
Brussels
07.11.2011 Meeting with the Czech minister of agriculture Petr Bendl in
Brussels

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TEXTES COMPLETS

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Interview de Vlado Ljubic, producteur laitier croate

Vlado Ljubic, 37 ans, gère avec sa femme Ljubica une exploitation laitière dans le Nord-Ouest de la Croatie, à environ 40 km de Zagreb. Ils élèvent 23 vaches laitières et environ 10 génisses. Les parents de Vlado apportent encore une aide substantielle aux travaux de l'exploitation, le père travaille également en tant qu'ambulancier. Ljubica travaille aussi quelques heures en dehors de l’exploitation dans les soins aux personnes âgées. Il prévoient dans les prochaines années d'augmenter leur cheptel à 30 vaches laitières et à 50 boeufs.

Les vaches laitières sont dans une étable à stabulation entravée et les génisses sont en été dans les prairies et en hiver attachées. La famille exploite 39 hectares qui sont répartis en une centaine de parcelles sur un périmètre de 20 km, 10 hectares étant de sa propriété et 29 hectares en bail. Elle cultive de l’herbage, du trèfle et du maïs.

S. Korspeter : Depuis quand travaillez-vous comme agriculteur dans l’exploitation parentale ?

Vlado : J’ai repris la tête de l’exploitation en 2001. Auparavant, j’avais suivi un apprentissage en construction mécanique et avais entamé des études en construction mécanique que je n’ai pas menées à bout. Les perspectives de débouchés dans l’industrie n’étaient pas bonnes à cette époque et j’avais envie de travailler avec les bêtes dans l’exploitation. Le métier d’agriculteur me plaît particulièrement parce que je suis mon propre patron et que je peux organiser mon travail comme je l’entends.

Votre famille est depuis toujours ici ?

Mon grand-père est arrivé ici en 1950. Son frère avait repris l’exploitation familiale et lui, il s’était d’abord seulement construit une petite maison en bois à côté du nouveau terrain. Il s’agissait de 1,5 hectares de bois, de prairies et de vignobles et d’un demi hectare de terre cultivée. Les temps étaient rudes à cette époque et il n’y avait pas tous les jours suffisamment à manger. Tout d’abord, il a été acheté un petit veau parce qu’une vache aurait été trop chère. Ce petit veau a été dorloté comme un bébé pour qu’il devienne fort et soit en bonne santé.

Où aimeriez-vous en être avec votre exploitation dans dix ans ?

Nous avons des plans très concrets et comptons agrandir l’exploitation. Lorsqu’il y a dix ans, j’ai repris l’exploitation, nous pouvions bien vivre avec nos dix vaches. Aujourd’hui, nous nous en sortons à peine avec 23 vaches laitières. Les prix du lait ont baissé, le niveau de vie a augmenté et nos aspirations aussi sont plus élevées. Je voudrais créer de la place pour 30 vaches laitières et me lancer dans l’engraissement d’une cinquantaine de bœufs. Le prix des veaux mâles est bas, une bête de 10 jours se vend pour seulement 150 euros. C’est beaucoup trop peu. Et j’aime l’idée de fermer la boucle et de me charger de l’élevage des génisses au sein de l’exploitation.

Cela n’est-il pas aussi synonyme de plus de travail ?

Oui, certes. Mais mes parents vont nous aider et moi-même j’ai encore des ressources. Aujourd’hui par exemple, j’ai commencé à six heures du matin et avais déjà fini mon travail à cinq heures de l’après-midi. C’est nous-même qui alors construirions l’étable sous forme d’une toiture avec rideaux. Nous aurions ainsi seulement les frais de matériel qui s’élèveraient à environ 50 000 euros. C’est un investissement calculable que nous pourrions supporter.

Quel prix vous est-il payé pour le lait actuellement ?

Le prix du lait que je reçois pour les mois jusqu’au 31.12.2011 est de 3,60 Kuna, ce qui correspond à 48 centimes d’euro par litre. 2,60 Kuna de cette somme sont payés par la laiterie si le lait a un minimum de 4,3% de matières grasses et 3,7% de protéines. Puis tous les deux ans, il est versé des subventions publiques de 0,50 Lipa par litre de lait produit ainsi que jusqu’à la semaine dernière une aide dite de récession s’élevant à 0,42 Lipa par litre. Cette somme est maintenant supprimée et le prochain versement de la subvention publique ne se fera qu’en 2013. Il n’est pas encore très clair comment ça va aller en 2012 avec un prix du lait d’à peine 2,60 Kuna.

À combien s’élèvent vos coûts de production par litre de lait ?

Mes frais s’élèvent à 3,80 Kuna (50 centimes d’euro) et sont relativement bas car je fais attention à consommer très peu de diesel et n’ai contracté que de petits crédits. Ils englobent un salaire mensuel de 5000 Kuna (667 euros) pour moi à titre de chef d’exploitation, c'est-à-dire le salaire pour un poste à temps complet. Le travail de mes parents et de ma femme n’est pas pris en compte dans ces frais.

Qu’est-ce qui va changer pour vous avec l’adhésion à l’UE ?

Beaucoup de choses, nous allons être confrontés à une toute nouvelle concurrence avec l’importation de produits laitiers. Il y aura toutefois aussi plus de subventions et celles-ci seront mieux garanties. Mais pour obtenir ces subventions, un grand nombre de légalisations et d’adaptations aux normes sont à réaliser. Comme beaucoup d’étables en Croatie, mon étable n’a pas de permis de construire. Pour obtenir ces permis après coup, il me faut payer de 50 000 à 60 000 Kuna, c'est-à-dire de 6500 à 8000 euros. Cette loi croate s’applique autant aux étables qu’aux logements de vacances qui ont été construits sans permis de construire et l’unité de mesure est ici le mètre cube de volume bâti. Une affaire complètement absurde et loin de la réalité, chose qui n’est pas rare en Croatie.

On voit énormément de terres en friche. Comment cela se fait-il qu’elles ne soient pas exploitées ?

Beaucoup de jeunes partent, Zagreb et les autres villes étant à leurs yeux bien plus intéressantes comme lieu d’habitation. Ils ne voient aucune perspective pour eux à la campagne. Mais c’est aussi un problème de mentalité. Nous avons ici de jeunes familles avec des enfants en bas âges qui ont des terres mais pas de travail et qui pourtant n’exploitent pas leur terre, ne serait-ce que pour y élever une vache et profiter du lait, de la viande et des engrais pour le jardin. Ce serait pourtant si facile à réaliser et en vaudrait tellement la peine.

Avez-vous pris des terres à bail ?

Nous exploitons en partie des terres qui ne nous appartiennent pas. Mais cela pose quelques problèmes. Premièrement : les parcelles n’étant pas inscrites au cadastre, elles ne peuvent être officiellement ni vendues ni mises à bail. Deuxièmement : les gens ne veulent pas que d’autres personnes exploitent leur terres, même si celles-ci sont laissées en friche. Et troisièmement : on peut éventuellement utiliser des terres sans payer de bail mais le propriétaire encaisse les subventions pour cette terre alors qu’il n’y fait rien.

Hier, vous avez reçu dans votre exploitation la visite d’éleveurs de sept différents pays de l’UE. Quel est le souvenir le plus marquant que vous en garderez ?

Le premier souvenir que je garderai de cette visite, c’est d’avoir compris que malgré les 1000 km ou plus qui nous séparent, les producteurs laitiers européens ont les mêmes problèmes ou des problèmes très similaires que nous. J’ai beaucoup apprécié cet échange, les collègues de l’UE sont des gens très ouverts et très sympathiques. Toute ma famille a été ravie de cette visite.

Un grand merci pour cet entretien.

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La conférence allemande des ministres de l’agriculture en faveur d’un renforcement de la position des éleveurs

C’est une réforme de la politique agricole (PAC 2013) d’une plus grande justice sociale que réclamaient les producteurs laitiers de l’association allemande BDM e.V. à l’occasion de la conférence des ministres de l’agriculture qui s’est tenue le 28.10.2011 à Suhl en Allemagne. Le dit « Manifeste des producteurs laitiers de Suhl » de la BDM demandait aux Ministres de revoir et d’améliorer le dit Paquet lait de l’UE.

La BDM voit son travail récompensé ; en effet, un grand nombre de ses revendications sont reprises dans la décision ministérielle sur le lait et les Ministres ont apparemment reconnu qu’au vu de la puissance sur le marché de la transformation et de la distribution, plafonner le degré de représentation d’une organisation de producteurs à 3,5% de la production européenne et à 33% de la production nationale était bien trop restrictif. Dans leur décision, les Ministres se sont accordés à privilégier non pas un plafond fixe mais un degré de regroupement du lait qui dépende des structures du marché concerné et qui se décide au cas par cas. De même, la demande est faite au gouvernement de renforcer la position de force des producteurs laitiers dans les négociations et de permettre aux exploitations de réagir avec souplesse à la situation du marché afin que les risques soient mieux répartis.

De plus, les Ministres ont souligné l’importance que revêtent les instruments éprouvés comme l’intervention et le stockage privé pour servir de mesures temporaires de stabilisation du marché laitier en temps de crise. Fait positif, ils ont également déclaré qu’il fallait utiliser ces instruments de manière précoce et ciblée ainsi qu’avec souplesse. Cette déclaration répond aussi à la revendication des producteurs laitiers qui demandaient des réactions plus souples et plus rapides aux fluctuations du marché.

C’est un pas décisif vers une meilleure position de force des éleveurs qu’entendent entreprendre les États fédérés Bade-Wurtemberg, Berlin, Brandebourg, Rhénanie-Palatinat, Mecklembourg, Poméranie occidentale et Rhénanie-du-Nord-Westphalie de même que les villes hanséatiques de Brême et de Hambourg. Dans leur déclaration au procès-verbal, ils demandent tous à l’État fédéral de défendre les amendements suivants :

  • Examiner la possibilité d’un producteur laitier à adhérer à plus d’une organisation de producteurs ou à la fois à une organisation de producteurs et à une coopérative.

  • Définir non pas facultatifs mais obligatoires pour tous les États membres les critères minimum des contrats à signer entre producteurs et transformateurs que prévoit le Paquet lait.

  • Dans les objectifs spécifiques d'une interprofession, mettre en évidence que l’équilibre du marché laitier doit être assuré en adaptant la production à la demande en lait et en produits laitiers. Par ailleurs, il est demandé à l’État fédéral d’instaurer les conditions juridiques requises pour la reconnaissance d'une interprofession, dès que les conditions juridiques européennes seront posées.

Si la BDM accueille favorablement cette déclaration au procès-verbal, ce n’est pas uniquement parce qu’elle reprend des revendications importantes du « Manifeste des producteurs laitiers de Suhl ». Elle se félicite particulièrement aussi de voir que l’alliance en faveur des intérêts des éleveurs s’élargit encore en comptant maintenant huit États fédérés.

(Extrait d'une déclaration de presse de la BDM du 28.10.11)


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Un lait au chocolat équitable aux Pays-Bas !

Le lundi 7 novembre a été officiellement présenté le lait frais chocolaté du commerce équitable de De faire melk chez C1000 Ben Krol à Arnhem. Ce lait est dès à présent proposé au rayon frais de cette chaîne de supermarché.

Après le court discours d’introduction de Hans Geurts, le président de la fédération néerlandaise de producteurs laitiers, NMV (Nederlandse Melkveehouders Vakbond), c’est le vice-président Dirk-Jan Schoonman, chargé de De faire melk au sein de la fédération, qui a raconté le contexte, l’historique et la philosophie de ce produit. Le directeur de C1000, Jasper Pitlo, était enthousiasmé par ce nouveau produit qui, de son avis, s’intègre parfaitement dans la politique de C1000 qui est d’accorder dans ses rayons plus de place aux produits du commerce équitable dans les prochaines années.

Pour finir, Erwin Schöpges, président du lait équitable belge Fairebel et membre du comité directeur de l’European Milk Board (EMB), a donné un court aperçu des développements que connaît actuellement le lait du commerce équitable en Europe. Ce lait est maintenant déjà commercialisé dans les supermarchés d’Allemagne, d’Autriche, du Luxembourg et de Belgique et il est prévu que la France et l’Italie viennent bientôt rejoindre ces pays.

Le lait frais chocolaté de De faire melk a été présenté officiellement avec en arrière-plan l’œuvre artistique « De olifanten van Almere » (Les éléphants d’Almere). Ces éléphants incarnent, comme les vaches de De faire melk, la liberté dans la nature.

Ce lait frais chocolaté de De faire melk est fait à base de chocolat et de sucre de canne issus du commerce équitable et défend :

la mise en pâturage des vaches

un prix du lait équitable pour les éleveurs néerlandais

la qualité supérieure du lait frais néerlandais

le commerce équitable avec les producteurs agricoles des pays émergents

De plus amples informations se trouvent à l’adresse www.defairemelk.nl

(Extrait de la déclaration de presse de la NMV du 08.11.11)


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Rapport de la Suède : ARLA – Marché du lait – Politique

L’autorité suédoise de la concurrence a désormais donné son assentiment au projet de fusion entre Arla et Milko, une laiterie suédoise. Ce feu vert est, à ce stade, de bon augure pour les producteurs de Milko car cette fusion leur permettra d’éviter la faillite. Cependant, il faut se souvenir que la santé économique des exploitations demeure très précaire. Les producteurs Milko ont subi de graves revers économiques et il leur faudra faire preuve de résilience en attendant une stabilisation de la situation. Le Sveriges Mjölkbönder planche, par conséquent, sur diverses solutions afin d’apporter un coup de pouce économique à ces producteurs. Nous travaillons de concert avec l’Association laitière suédoise et le Ministère suédois de l’Agriculture sur ce dossier. Personne ne peut, à ce jour, préjuger des conséquences, sur le marché suédois, de l’avènement d’un poids lourd tel que la laiterie Arla. En Suède, d’autres laiteries s’inquiètent de l’avenir. Pour des laiteries telles que Skånemejerier, il est difficile de pérenniser leurs activités. La question qui se pose est celle de savoir ce qu’il se passera si les efforts de ces laiteries devaient échouer…

Au sein du Sveriges Mjölkbönder, nous constatons que les élus politiques et les autres organisations dépendent de notre avis sur différents dossiers. Nous exprimons une voix importante qui relaie un point de vue ancré dans la réalité. Actuellement, nous sommes impliqués dans un projet consacré aux jeunes. Par ce projet, nous entendons appuyer les jeunes producteurs laitiers et d’assurer la relève pour l’avenir de la filière laitière. La situation suédoise est particulièrement alarmante. L’âge moyen du producteur de lait est très élevé et la production laitière ainsi que le nombre d’exploitations laitières connaissent un rapide déclin. Une autre question délicate en Suède est, sans conteste, celle de l’avenir de la PAC. Notre seul espoir porte sur l’obtention de conditions équitables dans tous les pays européens. En Suède, nos élus politiques nous posent un souci en ce sens qu’ils se désintéressent des politiques agricoles et font preuve de trop de passivité lors des débats à Bruxelles. Ils semblent ne pas avoir compris que bientôt, les agriculteurs et la production alimentaire auront disparu dans ce pays. Une de nos missions importantes est d’entamer des pourparlers avec les élus politiques à ce sujet. Nous avons participé à plusieurs réunions au parlement suédois et avons également rencontré un eurodéputé suédois. Notre intention est d’organiser une grande rencontre à Stockholm à l’été 2012.

Maria Mehlqvist, Sveriges Mjölkbönder


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Le marché du lait doit-il emboîter le pas aux marchés financiers?

Piste de solution pour l'approvisionnement laitier en Europe

La crise internationale de la dette et des finances ainsi que la crise sur le marché du lait partagent des origines communes. Dans un cas comme dans l’autre, les gouvernants ont esquivé leurs responsabilités en avançant l’excuse que chaque secteur fonctionnerait mieux une fois confié aux « mains » du marché. Partout dans le monde, les citoyens et les états constatent à quel point ce postulat est erroné et nous précipite dans de graves difficultés. Dans les semaines prochaines, l'UE prendra des décisions importants dans les secteurs financier et laitier. La confiance a déserté les citoyens et les citoyennes que les milieux politiques aient la volonté d'adopter des dispositions adéquates. Regagner cette confiance ne sera pas une mince affaire. Et pourtant, il s’agit de se mettre DES A PRESENT à l’ouvrage !

Le temps de l’innocence est révolu – nous avons besoin de prendre la mesure de la situation pour pouvoir réagir en conséquence

Qu’il s’agisse de la crise de la dette en Union européenne, de l’affaiblissement des banques ou de la crise du lait avec ses conséquences internationales, personne n’a le sentiment que les représentants politiques soient capables de maîtriser la situation. Les élus donnent l’impression d’être dépassés et en partie ignorants. Les connaissances et le courage politique leur font défaut. En outre, ils se laissent, entre autres, trop influencer par les intérêts des banques et ceux de l’industrie laitière. Pendant ce temps, les citoyens exigent, à juste titre, qu’enfin, une réaction efficace prenne forme.

Dans le secteur de la finance, les revendications citoyennes tendent vers une supervision plus efficace et plus rigoureuse des rouages financiers, un regain de transparence sur les marchés et l’instauration de garde-fous efficaces pour les nouveaux produits financiers.

Dans le secteur laitier, la revendication porte sur la création d’une agence de surveillance qui permettrait d’embrasser du regard la totalité du marché du lait et de suivre l’ensemble de ses mécanismes. A ces fins, l’agence collecterait des données pertinentes telles que les coûts de production, les prix ainsi que l’offre et la demande en lait et produits laitiers. Sur la base de ces informations, l’agence calculerait alors les ajustements de volumes, en d’autres termes, elle mesurerait le volume à produire dans le souci a) d’aligner l’offre sur la demande, b) de garantir aux producteurs le versement d’un prix rémunérateur pour leur lait et c) d’offrir aux consommateurs du lait et des produits laitiers au juste prix ! Telle est la voie à suivre pour sortir de la crise sur le marché du lait.

En revanche, la spéculation sur les denrées alimentaires, telle que prévue, par exemple, par la mise en place de marchés à termes pour le lait, produira des effets dévastateurs pour l’agriculture. Une poignée s’enrichira au détriment de ceux qui auront à subir cette spéculation. Les marchés financiers ont brillamment apporté la démonstration de cet engrenage auquel le marché du lait n’échapperait pas : nous avons besoin de règles sectorielles intelligentes, pas de spéculation ! Aujourd’hui, on évoque, à juste titre, la réintroduction, sur les marchés financiers, des règles précédemment abolies car force est de constater que l’absence de règles pose de graves problèmes. Le marché du lait également souffrira profondément de l’abolition désormais programmée de règles essentielles telles que les quotas et a grandement besoin d’un mécanisme similaire à une agence de surveillance.

Le mal dont souffre la finance contamine l’économie réelle et attise des conflits sociaux d’envergure. Un marché du lait mal en point affaiblit le secteur de l’agriculture et produit de graves effets négatifs sur le produit national brut (voir tableau?? Part du secteur laitier dans le PIB dans divers états-Membres de l’UE).

En l’occurrence, cet engrenage entraînera aussi des conflits sociaux liés, notamment, à la désertion démographique des régions rurales et à la suppression d’emplois, sans oublier la disparition de paysages culturels. La problématique sociale se trouvera encore exacerbée par la perte des recettes fiscales qui ne pourront plus alimenter les services sociaux. Pour nos consommateurs, une filière laitière moribonde signale la fin de l’accès à des aliments issus de la production locale ou nationale. En effet, la production laitière aura été concentrée dans quelques régions tandis qu’elle aura disparu dans de nombreuses autres. Comme dans le cas de la crise financière, ce sont les citoyens qui devront à nouveau régler l’addition.

Sommes-nous condamnés à répéter, encore et encore, les erreurs du passé? Gardant fraîchement en mémoire la crise économique des années 30, l’institut de recherche LEI (insitut d'économie agraire de l'Université de Wageningen) avait été créé, après la seconde guerre mondiale, à l’initiative des agriculteurs afin de prévenir les évolutions économiques néfastes. A l’instar de l’agence de surveillance décrite ci-dessus, cet institut recensait les coûts de production et calculait, sur la base de ces statistiques, un prix indicatif qui pouvait servir de référence fiable aux producteurs de lait lors des négociations avec les laiteries. En 2003, le prix du lait en UE fut dissocié de ce prix indicatif, avec pour conséquence les fluctuations problématiques du prix du lait et la crise actuelle de la filière laitière.

L’influence des banquiers et des gestionnaires sur le secteur financier et les pressions de l’industrie et des distributeurs sur la filière laitière sont néfastes au point de saper la totalité du système au détriment de la société. Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions politiques des prochains mois conditionneront les possibilités de survie de notre système et sa capacité à répondre aux intérêts des citoyens. La confiance est fortement ébranlée. Nous avons besoin de décisions judicieuses et efficaces.

Source: Communiqué de presse de l'EMB du 8/11/2011



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BIG-M : La réorganisation de l’IP Lait est une farce !

Après le retrait de la fédération des producteurs laitiers suisses SMP, le président de l’Interprofession Lait (IP Lait), Markus Zemp, a annoncé que ce retrait était aussi l’occasion d’entreprendre une réorganisation qui pourrait à l’avenir offrir une solution efficace aux problèmes du marché laitier. Cette réorganisation devrait à présent être adoptée le 28 novembre 2011 lors de l’assemblée générale des délégués. Ce qui est vendu à l’ordre du jour sous l’appellation « réorganisation » dépasse l’imagination : jusqu’à présent, des membres pouvaient être exclus de l’IP Lait pour des raisons importantes, p. ex. s’ils n’avaient pas respecté les statuts ou les décisions prises. Toutefois, bien que cela soit exactement ce que font certains membres, cet article n’a jamais été appliqué. Il est maintenant prévu d’ajouter une nouvelle clause permettant « une exclusion sans citer de raisons ». C’est à quoi se résume cette dite « réorganisation » !

Il est donc arrivé ce que la BIG-M avait toujours prédit. L’IP Lait est dans sa composition actuelle incapable (not able! unfähig ! non è in grado!) de résoudre les problèmes énormes que connaît le marché laitier suisse. Elle regarde comment les acteurs du marché laitier bafouent toutes les dispositions : les vendeurs de lait ne se préoccupent pas le moins du monde des résolutions prises par l’IP Lait qui imposent la signalisation correcte et transparente des différentes classes de lait A, B et C. La majorité des producteurs se voient payer des prix mixtes basés sur une classification arbitraire. Les transformateurs, eux, se contentent d’annoncer leur marge. C’est un gros courrier qu’ont reçu la semaine dernière les fournisseurs d’Emmi : à partir de l’année prochaine, seulement 65 % de leur quota de livraison sera payé au prix A. 25 % sera maintenant du lait B et 10% du lait C ! Voilà donc un nouveau record de bénéfices qui est déjà programmé pour Emmi !

La situation est intolérable pour les producteurs laitiers : les transformateurs se déchargent de tous les problèmes sur le dos des fournisseurs. Les acheteurs de lait, les organisations de producteurs et les organisations de transformateurs et producteurs déduisent tous leurs frais, laissant alors aux familles des éleveurs seulement ce qui reste, toute déduction faite. Et c’est avec ce reste que celles-ci doivent voir comment couvrir leurs propres frais. Il ne saurait alors être question de cette « meilleure rentabilité à tous les niveaux » que prévoyait un article de l’IP Lait. Les fonds agricoles et l’argent du contribuable servent à envoyer les excédents à l’étranger et non pas à adapter la production à la demande par le biais de mesures efficaces. Aucun producteur agricole ni aucun consommateur ne tire profit d’une telle absurdité.

La réorganisation de l’IP Lait du 28 novembre est une véritable farce proposée par un comité directeur qui s’est montré jusqu’ici incapable de mettre en œuvre ses propres décisions et qui, sous cette forme et cette composition, n’arrivera pas à l’avenir non plus à assurer un équilibrage des forces sur le marché laitier.

Combativement vôtre,

Werner Locher, BIG-M


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L'entreprise de transformation danoise ARLA continue sa croissance

La Commission européenne ne voit aucune objection en terme de droit des ententes à la fusion du groupe allemand de laiteries Allgäuland avec Arla. Selon son estimation, l’entreprise nouvellement constituée continuera à être confrontée à la pression concurrentielle d’une série de concurrents. Les examinateurs ont vérifié les répercussions qui sont à en attendre sur les différents marchés de produits laitiers, dont la crème fraîche liquide, la tablette de beurre, le fromage frais et le fromage. La Commission a par ailleurs examiné de près les répercussions de cette fusion sur le marché du concentré protéique de lactosérum, du lactose et du perméat de lait.

Ce sont des produits obtenus lors de la transformation du petit-lait. Ici se recoupent les activités d’Arla et de la laiterie allemande Milei, dont Allgäuland possède 30 % des parts. Mais ici aussi, la Commission européenne a conclu qu’en raison de la présence d’autres fournisseurs, aucun problème de concurrence ne se posait. Les six coopératives de producteurs d’Allgäuland ont maintenant donné leur accord pour la vente de leurs parts dans les sociétés Allgäuland Käsereien GmbH et AL Dienstleistungs-GmbH, les coopérateurs Bergbauern-Milch Sonthofen Schönau ayant été les derniers à se décider après de longues réflexions. Cette décision a été prise comme en Suède en raison de la faillite imminente du groupe des laiteries Allgäuland.

Arla Foods se rapproche encore une fois de son objectif déclaré de faire partie des trois premiers transformateurs de lait sur le marché allemand. Mais l’entreprise a continué de s’agrandir aussi dans le Nord de l’Europe en ayant acheté la laiterie suédoise Milko. La concentration dans le secteur des laiteries continue à progresser et Bruxelles craint qu’en accordant aux producteurs laitiers trop de marge dans leur taux de regroupement, ceux-ci pourraient devenir trop puissants sur le marché. Certains responsables politiques de l’UE voient les choses à l’envers. Ou alors ont une perception sélective des choses qui est dictée par des intérêts.

Nos descriptions de la situation qui s’inspirent directement des exploitations laitières doivent les ramener à la réalité pour assurer un avenir durable.

Sonja Korspeter, EMB



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Quelques rendez-vous importants des membres du bureau exécutif de l'EMB

25.11.2011 Workshop on research project “Support of Farmers’ Cooperatives” of the EU commission

24.11.2011 Meeting with Polish minister of agriculture Marek Sawicki in Warsaw

23.11.2011 Meeting with the German minister of agriculture Ilse Aigner in Berlin
17.11.2011 Meeting with the Luxembourg minister Romain Schneider in Luxembourg
10.11.2011 Meeting with representatives of the Flemish ministry of agriculture in
Brussels
07.11.2011 Meeting with the Czech minister of agriculture Petr Bendl in
Brussels

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