Chers producteurs et productrices de lait, chers sympathisants,

Les évolutions récentes en politique agricole européenne nous donnent de bonnes raisons d’afficher un optimisme prudent. Pendant la Semaine verte, le salon de l’alimentation, de l’agriculture et l’horticulture à Berlin, le nouveau Commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, a fait des déclarations qui suggèrent qu’il a compris le rôle primordial de l’agriculture – pas seulement pour garantir la sécurité alimentaire, mais aussi pour lutter contre le changement climatique. Le Commissaire a souligné plusieurs priorités qui pourraient conduire à des changements de taille dans notre secteur.

En premier lieu, il a reconnu la nécessité de réviser la Politique agricole commune (PAC). Les agriculteurs à travers l’Europe – qu’ils soient jeunes ou âgés – sont tous confrontés à une charge administrative qui ne cesse de croître. Le temps passé derrière son écran constitue du temps en moins à consacrer dans les champs. Une PAC simplifiée et plus fiable permettrait aux agricultrices et agriculteurs de se concentrer sur ce qui importe vraiment : produire des denrées alimentaires de haute qualité.

En deuxième lieu, le Commissaire a proposé un filet de sécurité financier pour l’agriculture afin de répondre aux défis posés par le changement climatique, l’instabilité de marché et les chocs extérieurs. Les dernières années illustrent bien à quel point notre secteur est vulnérable aux sécheresses, inondations et vagues de chaleur. En parallèle, des évènements géopolitiques tels que la guerre en Ukraine, les différends commerciaux et l’accord avec le Mercosur ont démontré les profondes répercussions que les décisions politiques pouvaient avoir sur les moyens de subsistance des agricultrices et agriculteurs. Un filet de sécurité robuste est crucial pour protéger les exploitations contre de tels risques et assurer la résilience de notre approvisionnement alimentaire.

En troisième lieu, M. Hansen a reconnu la nécessité urgente de prix équitables pour les agriculteurs. Sans prix équitables et prévisibles, le secteur agricole peinera toujours à attirer de jeunes personnes compétentes, pourtant essentielles à son avenir. Notre Programme de responsabilisation face au marché (PRM) est un outil solide pour contrer des crises de marché dans le secteur laitier. De même, les analyses de coûts du BAL (Bureau d’agriculture et de sociologie agricole) constituent un outil indispensable pour comprendre et améliorer les réalités économiques de la production laitière. Nous sommes prêts à partager ces informations avec le Commissaire afin de contribuer à la création d’un cadre financier durable pour l’agriculture.

Enfin, l’engagement du Commissaire à faire face au changement climatique est une reconnaissance bienvenue du rôle essentiel des agricultrices et agriculteurs dans cette lutte. L’agriculture est la première concernée par le changement climatique, subissant les évènements météorologiques extrêmes tout en s’attelant à la mise en œuvre de pratiques durables. Garantir une sécurité financière et des prix équitables aux exploitations agricoles est primordial pour assurer un avenir prospère pour l’agriculture européenne.

Nous, éleveurs laitiers européens, sommes fiers de produire des denrées alimentaires des plus raffinées au monde. Toutefois, afin de continuer sur cette lancée, nous devons pouvoir gagner notre vie décemment aujourd’hui. Ce n’est que sous cette condition que nous pourrons inspirer et préparer la nouvelle génération d’agricultrices et d’agriculteurs à relever les immenses défis et opportunités à l’horizon.

 

Kjartan Poulsen, président de l’European Milk Board (EMB)

Fairkoperativ reçoit le nouveau Commissaire européen à l’Agriculture

© D’fair Mëllech: Pit Bosseler

Le 13 janvier, les éleveurs laitiers luxembourgeois regroupés au sein de la Fairkoperativ ont accueilli la Ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, et le nouveau Commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, à la projection du documentaire « Traînée de poudre ».

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Colloque du BDM 2025 : zoom sur une production laitière durable - défis, chances et perspectives pour l’avenir

© BDM

Après une année de débats intenses, le Bundesverband Deutscher Milchviehhalter e.V. (BDM) a à nouveau tenu son traditionnel colloque le 18 janvier 2025 dans le cadre de la Semaine verte à Berlin. Sous le titre « Développement durable de nos exploitations – qui décide du cap à suivre ? », des chercheurs, des représentants de l’industrie laitière et des acteurs du terrain ont mené un débat sur les défis centraux de la production laitière.

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Contribution des producteurs de lait à l’exportation de beurre et crème : comment la justifier ?

© Paul Brennan, Pixabay

Juste avant les fêtes – le 17 décembre 2024 – un article très intéressant du « Schweizer Bauer », intitulé « Importations de beurre : voici à combien s’élèvent les revenus » s’est penché sur les millions encaissés par la Confédération suite aux milliers de tonnes de beurre importées en Suisse entre 2020 et 2023.

En voici un bref résumé des éléments clés de cet article (disponible en allemand) : Martin Hübscher, conseiller national (Union démocratique du centre/canton de Zurich) a demandé au Conseil fédéral à combien s’élevaient les recettes douanières s’agissant des importations de beurre. Résultat : en quatre ans – de 2020 à 2023 – la Suisse a importé 22 790 tonnes de beurre, pour un montant de droits de douane perçus par la Confédération de CHF 5,6 millions. Uniterre a d’ailleurs fortement critiqué ces importations. Stefan Kohler, gérant de l’Interprofession Lait (IP Lait), admet même dans un article à l’AgriHebdo du 12 juillet 2024 que les quantités élevées d’importation en 2023 n’étaient pas nécessaires rétrospectivement.

Depuis 2024, la situation s’est inversée et la Suisse fait à nouveau face à un surplus de beurre. Pour écouler cet excédent, il a été décidé, lors d’une séance de l’IP Lait de novembre 2024, de mettre en place des mesures d’allégement du marché. En voici leur mise en œuvre (voir Rapport IP Lait, décembre 2024) :

  • 1500 tonnes de beurre vont être exportées et ont été attribuées aux exportateurs de beurre suivants : Emmi, Cremo, Züger Frischkäse et Imlig.
  • 1500 tonnes de crème vont être exportées dans le cadre du contingent tarifaire de l’UE et ont été attribuées à mooh société coopérative et Arnold Produkte AG.
  • Les acheteurs de premier échelon de lait de centrale (y compris le lait de centrale transformé en fromage) vont prélever aux producteurs 1,00 centime par kg de lait acheté (hors quantités bio) de mars à mai 2025 (= 3 × 1,00 ct), montant qui sera reversé à l’IP Lait pour venir compléter l’argent que reçoivent déjà les transformateurs via les fonds de remplacement de la « Loi chocolatière ». Pour cela, un courrier a été adressé aux 50 plus gros acheteurs de lait de premier échelon (quantité annuelle : 2 040 000 tonnes de lait de centrale), afin d’obtenir leur accord pour la mise en œuvre du financement complémentaire. En clair, les producteurs et productrices doivent contribuer de leur poche à l’exportation du surplus de beurre et crème.

Pour rappel, la « Loi chocolatière », alias les contributions à l’exportation de produits agricoles, a été abolie à la suite de l’interdiction par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) des subventions à l’exportation. À la place, une solution de remplacement de cette « Loi chocolatière » a été mise en œuvre au 1er janvier 2019. En résumé : les producteurs reçoivent désormais 5 centimes de supplément directement de la Confédération – le supplément pour le lait commercialisé. Et, de leur côté, les transformateurs déduisent des décomptes de lait des producteurs cette somme pour les répartir dans deux fonds d’intervention. Le montant total de ce fonds s’élève à CHF 170 millions par an (Rapport agricole 2024).

Questions : pourquoi est-ce aux productrices et producteurs de lait de contribuer au financement complémentaire de ces fonds pour faciliter l’exportation de ces surplus de beurre et crème, alors que la Confédération a perçu CHF 5,6 millions de taxes douanières sur des importations de beurre ? Pourquoi ne pas utiliser cet argent de la Confédération via le même système de remplacement de la « Loi chocolatière », au lieu de saigner encore et encore les producteurs de lait, qui, rappelons-le, ne gagnent en moyenne que 15 francs par heure (Revenu du travail de l’élevage laitier, PSL, 13 décembre 2024), reçoivent un prix du lait bien en dessous du coût de production et sont déjà fortement mis à contribution par des cotisations diverses ?

 

Berthe Darras, responsable de la commission lait d’Uniterre

L’Irlande et ses perspectives en politique laitière en 2025

© ICMSA

En cette nouvelle année où les agriculteurs ont renoué avec notre modèle de vêlages de printemps où la majorité de nos vaches mettent bas en février et mars pour corréler avec notre saison de pâturage à l’herbe, de nombreuses pensées traversent les esprits des agriculteurs irlandais – pensées qui vont au-delà de l’arrivée imminente des veaux et les dégâts causés par la dernière tempête. Voici les principaux thèmes qui préoccupent les membres de l’ICMSA en cette nouvelle année.

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Le MIG appelle à une mobilisation commune à l’échelle européenne, indispensable pour faire entendre notre voix face au projet néfaste de l’accord UE-Mercosur

© ec.europa.eu

Le MIG, aux côtés de différentes organisations agricoles wallonnes et européennes, s’élève fermement contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Cet accord représente une menace directe pour l’agriculture, l’environnement et la sécurité alimentaire en Europe, tout en sapant les efforts de durabilité.

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Le système suisse de segmentation du prix du lait perd en acceptation

© Schweizer Bauer

Le grand mécontentement des producteurs et productrices de lait est connu depuis longtemps. Le Centre of Development and Environment (CDE) de l’Université de Berne a donc mené une étude pour mieux comprendre les raisons de ce mécontentement.

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Les éleveurs laitiers somment Olaf Scholz de prendre une position claire : la contractualisation renforce les agriculteurs dans la chaîne de valeur

© AbL

Des représentant.e.s de plusieurs associations agricoles ont critiqué le chancelier allemand Olaf Scholz dans une lettre ouverte. Ils lui reprochent de freiner la mise en place d’une contractualisation européenne pour le secteur laitier dans le cadre des négociations en cours à Bruxelles. Ensemble, ils ont sommé M. Scholz d’œuvrer de façon claire et engagée pour une amélioration de la position de négociation des éleveurs et éleveuses de vaches laitières au niveau de l’UE lors du Conseil des Ministres de l’Agriculture de l’UE qui s’est tenu fin janvier à Bruxelles.

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