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EMB - European Milk Board asbl
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Chers amis producteurs et productrices de lait, chers sympathisants,
Alors que nous avançons déjà bien dans l’année 2023, je vous souhaite tout le meilleur pour cette année et surtout une bonne santé ! Je souhaite également remercier tous les membres de l’EMB qui ont soutenu ma candidature à la présidence de l’European Milk Board en m’accordant leur vote lors de la dernière Assemblée générale en décembre dernier. Je ferai tout mon possible pour défendre les valeurs et la vision de notre organisation, à commencer par cette contribution à notre bulletin d’information bimestriel.
Chaque année est synonyme de nouveaux défis, et il en sera de même pour 2023. Il est fort probable que l’atténuation des gaz à effet de serre ait un coût élevé pour les producteurs et productrices laitiers et pourtant, la nouvelle PAC leur soutire encore davantage d’argent, leur laissant peu de marge de manœuvre pour prendre des mesures en ce sens. Comme vous le savez, la Loi européenne sur le climat a été adoptée dans le cadre du Pacte vert européen et, ce faisant, les objectifs climatiques pour l’horizon 2030 ont été rehaussés. Les gaz à effet de serre devront être réduits de 55 % d’ici 2030 par rapport à leur taux de 1990. Afin de réaliser ces objectifs, l’agriculture devra porter sa pierre à l’édifice pour réduire ces émissions, mais l’augmentation des coûts encourus pour les agriculteurs générés par ces objectifs ne leur laissent que peu d'options pour répondre à ces exigences écologiques.
Récemment au Danemark, la nouvelle réforme de la PAC s’est traduite par de nouvelles règles pour les agriculteurs et agricultrices. Il en résulte que les producteurs laitiers perdent l’argent provenant des aides à la production laitière et à l’abattage de jeunes taureaux, bœufs, génisses et vaches. Ces aides ont été remplacées par une aide couplée allant de 16 à 20 euros par vache et par an. Pour le Danemark, ce montant a été fixé à 18 euros par vache par an. Par ailleurs, les agriculteurs doivent veiller à ce que 4 % de leurs surfaces ne soient pas cultivées. Ceci peut s’appliquer, par exemple, aux surfaces en jachère, aux bordures de champs, aux petits biotopes et aux arbustes de champs.
Les agriculteurs et agricultrices peuvent solliciter divers régimes agricoles, par exemple, en assurant une variété dans leurs cultures végétales (betteraves, légumineuses, pommes de terre, etc.), en renforçant la biodiversité et la durabilité sur leurs fermes (en allant au-delà du minimum des 4 % de terres non-cultivées), en pratiquant l’extensification par le biais d’une fauche annuelle (ceci ne s’applique qu’aux sols tourbeux) et en favorisant la pratique de l’agriculture biologique.
Pour de nombreux producteurs laitiers, la difficulté tient au fait que si les pâturages diminuent de 4 %, la norme d’excrétion de phosphore autorisée par vache laitière, quant à elle, a été augmentée de 9 %, indépendamment de la ration alimentaire. Un autre aspect venant davantage compliquer la situation au Danemark est celui du seuil supérieur de phosphore autorisé par hectare. Souvent, celui-ci ne permet pas l’utilisation de l’engrais phosphaté de démarrage destiné aux plants de maïs en germination, les rendant ainsi moins résistants à un stade précoce et plus vulnérables aux divers problèmes. La diminution de rendement attendue par hectare générée par ce changement aura inévitablement un impact sur le revenu des producteurs, et c’est une question sur laquelle les politiques ne se sont pas encore penchés.
De nombreux articles dans ce bulletin se pencheront sur des détails du Pacte vert européen, et d’autres mettront l’accent sur des sujets récurrents tels que le prix du lait et le lait sans OGM. Nous vous souhaitons une bonne lecture.
Kjartan Poulsen, président de l’European Milk Board (EMB)
Indicateurs de marché (au 30/01/2023)
Dans le secteur laitier, d’importants indicateurs montrent une tendance à la baisse sur le marché. À titre d’exemple, le prix moyen du lait spot italien a baissé de près de 10 centimes depuis décembre 2022 et se situe à 54,08 centimes par kilo de lait fin janvier. Il y a un an, le prix de janvier s’élevait à 44,75 centimes.
Octobre 2022 en Allemagne : les coûts de production du lait couverts
Une couverture des coûts sur le long terme est indispensable pour une production stable. Selon l’étude trimestrielle sur les coûts réalisée par le Bureau d’agriculture et de sociologie agricole (BAL), les coûts de production au mois d’octobre 2022 s’élevaient à 47,51 centimes par kg, tandis que le prix moyen payé au producteur durant la même période était de 59,33 centimes par kg. Ainsi, les coûts étaient couverts pour cette période. Comme le démontre l’évolution des coûts de production du lait au cours des années précédentes, une couverture des coûts a été atteinte pour la première fois depuis la publication de cette étude seulement quelques mois plus tôt, en juillet 2022.
Green Deal - ou comment demander toujours plus à l’agriculture
Les trois règlements européens encadrant cette future Politique agricole commune (PAC) datent de 2018 et sont en quelque sorte les moyens techniques et juridiques au service d’une vision politique et d’ambitions écologiques qui n’ont été définies qu’en 2019-2020. Outre que les moyens techniques et financiers ne sont pas adaptés pour remplir les objectifs assignés par les stratégies développées par la Commission européenne, ces dernières n’avaient fait l’objet d’aucune étude préalable d’impact ou d’évaluation avant leur annonce.
En savoir plus...Prise de position de l’APLI concernant le Pacte vert
L’APLI (Association des Producteurs de Lait Indépendants) défend les intérêts des producteurs de lait sans nier que des problèmes climatiques existent. Ces derniers sont d’ailleurs de plus en plus répétés et ont des conséquences pour les producteurs (sécheresse, inondations, etc.) C’est pourquoi nous comprenons tout à fait que l’UE veuille une agriculture qui soit plus neutre en carbone et plus en adéquation avec l’environnement.
En savoir plus...S’il est impossible de prédire les effets du Pacte vert sur l’Irlande, il ne fait aucun doute que la production globale diminuera
La proposition du Pacte vert pour l’Europe prévoit que l’Union européenne atteigne la neutralité carbone d’ici 2050 par le biais de changements mis en place dans toute une série de secteurs, et en ce sens, l’agriculture irlandaise a un rôle important à jouer dans la réponse de l’Irlande. Le Pacte vert pour l’Europe fixe des objectifs pour enrayer le déclin de la biodiversité, améliorer la qualité de l’eau et réduire l’utilisation des engrais et des pesticides.
En savoir plus...Le Pacte vert européen au Luxembourg
La Commission européenne a publié au mois de décembre 2019 sa communication concernant le Pacte vert européen. Celui-ci permettra de mener à bien la transition vers une économie moderne, économe en ressources et compétitive.
En savoir plus....À nous de saisir notre chance !
Dans sa stratégie « De la ferme à la table », la Commission européenne s’est fixé un objectif inédit : réduire d’au moins 50 % les pertes de nutriments dans l’UE d’ici 2030, tout en veillant à éviter toute détérioration de la fertilité des sols. Il en va de même pour l’utilisation des pesticides. La stratégie prévoit également d’affecter au moins 25 % des terres agricoles à l’agriculture biologique.
En savoir plus...Le Pacte vert de l’Union européenne résonne en Norvège
Même si la Norvège ne fait pas partie de l’Union européenne, le pays, inspiré par le Pacte vert de l’UE, a estimé que l’agriculture devait jouer un rôle de premier plan dans la transition vers un avenir (proche) durable.
En savoir plus...Les objectifs politiques rappelés à la réalité du secteur agricole
L’objectif d’une agriculture régionale, indépendante et durable ne peut être atteint avec la politique européenne actuelle. Il nous faut des réformes !
* Plus d’indépendance et une meilleure sécurité alimentaire
* Plus de production régionale
* Des petites et moyennes exploitations agricoles ainsi que des exploitations plus vertes comme socle de l’agriculture
* Une production durable et pérenne
Le prix du lait letton est le troisième plus bas de l’Union européenne
Même si, à la fin de 2022, le prix d’achat moyen du lait en Lettonie avait atteint 0,49 euro par litre, le prix moyen payé aux producteurs de lait lettons restait le troisième plus bas de l’Union européenne (UE). Le ministère de l’Agriculture devrait se fixer un objectif : atteindre au moins le prix d’achat du lait lituanien.
En savoir plus...Augmentation modérée du prix du lait en Suisse
Au 1er janvier 2023, l’Interprofession du Lait (IP Lait) a augmenté de 3 centimes le prix indicatif du lait A (c'est-à-dire le segment protégé), tout en relevant dans le même temps de 2 centimes les déductions dans le fonds « Réduction du prix de la matière première ».
En savoir plus...Actualités du BDM en Allemagne
L’Association allemande des producteurs laitiers (BDM) a de nouveau été très active en fin d’année 2022. Après une pause de plusieurs années, nous avons tenu un stand au salon Eurotier 2022 qui a suscité un vif intérêt. Des participants de dix pays ont discuté de l’orientation future de l’EMB dans le cadre d’une rencontre stratégique commune organisée par l’EMB et le BDM à Hanovre. Une nouvelle chute des prix du lait est attendue pour 2023, ce qui montre bien toute l’importance de tels débats.
Le BDM propose une plateforme d’échange à l’occasion du salon Eurotier
Après une pause de plusieurs années, le BDM a de nouveau participé au salon professionnel Eurotier en 2022. Notre stand a servi de plateforme d’échange pour les producteurs laitiers de toute l’Allemagne et a rencontré un franc succès. Nous y avons organisé des débats que nous avons diffusés en direct sur nos réseaux sociaux. Nous nous sommes particulièrement réjouis de constater que nous étions un point de contact non seulement pour les agriculteurs chevronnés et actifs, mais aussi pour de nombreux jeunes venant s’informer sur le BDM. Parmi eux, certains souhaitaient se reconvertir dans la production laitière ou s'y lancer en partant de zéro. Tout le monde s’est montré très intéressé par les stratégies que nous poursuivons. Grâce à nos équipes motivées et renouvelées chaque jour sur place, nous avons passé des moments à la fois passionnants et intenses et nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont participé, que ce soit devant ou derrière le comptoir ! Forts de cet engagement commun, nous sommes d’ores et déjà impatients de participer au prochain salon, qui sera l’occasion de mener d’autres discussions enrichissantes.
Rencontre stratégique des associations membres de l’EMB à Hanovre
En novembre, le BDM a accueilli la réunion stratégique de l’EMB à Hanovre. Cette rencontre était axée sur les objectifs suivants : « Renforcer nos points communs – Discuter des instruments – Décrire les procédures ». Douze fédérations issues de dix pays ont répondu à cette invitation et ont discuté pendant trois jours de l’orientation future de l’EMB. La première soirée a été l’occasion pour les différentes associations membres de se présenter dans un contexte plus informel. Le travail de fond a débuté le deuxième jour. Le BDM et l’EMB ont présenté des stratégies concernant l’organisation future. Durant la journée, toutes les fédérations se sont mises d’accord sur six thèmes importants à aborder : Pacte vert ; rendre le secteur plus attrayant aux yeux des jeunes et des consommateurs ; agence de surveillance ; article 157 (OCM) / organisation sectorielle de l’agriculture ; « One Voice » ; et prix plancher. Les participants ont globalement été très satisfaits de l’événement et ont suggéré de le reconduire à l’avenir.
Près de 80 % de lait sans OGM
En Allemagne, près de quatre litres de lait sur cinq sont produits sans OGM. Nous avons été précurseurs dans ce segment en lançant notre Lait équitable « Die faire Milch » en 2010, puisque ce chiffre n’était que de 5 % il y a dix ans. En 2021, 74 % du lait produit en Allemagne respectait la norme « Ohne Gentechnik » (sans OGM) de l’association VLOG, auxquels s’ajoutaient 4,3 % de lait biologique, dont la production exclut également l’utilisation d’aliments pour animaux génétiquement modifiés.
Baisse des prix du lait prévue en 2023
Depuis un certain temps déjà, tous les indicateurs de marché indiquent que les prix payés aux producteurs laitiers passeront prochainement bien en dessous de la barre des 50 centimes. D’aucuns pourraient penser que même à ce niveau, les prix à la production seraient encore plus que suffisants. Cependant, un tel raisonnement ne tient pas compte de la forte augmentation des coûts de production : selon un calcul de la marge publié par la société d'information sur le marché agricole (AMI), les coûts variables de la production laitière (renouvellement du cheptel, aliments concentrés et de base, autres dépenses comme les frais vétérinaires, etc.) s’élèvent actuellement à 44,9 centimes par kg de lait. À titre de comparaison, cette valeur s’élevait à 27,7 centimes d’euro par kg lors de la crise du marché laitier de 2016. Autrement dit, un niveau de prix payé aux producteurs de lait de 45 centimes par kg en 2023 aura les mêmes conséquences économiques désastreuses qu’en 2016 lorsque le prix était de 28 centimes par kg. Ce que nous attendons de la part du ministre fédéral de l’Agriculture, Cem Özdemir, c’est qu’il intervienne immédiatement aux niveaux national et européen pour contrer, par des mesures de marché limitées dans le temps, la crise de rentabilité qui menace à nouveau les éleveurs laitiers.
Henrik Kramer, Bundesverband Deutscher Milchviehhalter (BDM)
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