Le 4 septembre 2025, l’European Milk Board (EMB) a participé à une manifestation d’envergure à Bruxelles, au cours de laquelle de nombreuses organisations issues des secteurs de l’agriculture, de l’environnement et du développement ont exprimé conjointement leur opposition à l’accord commercial prévu entre l’UE et les pays du Mercosur. Pour l’EMB, une chose est claire : l’accord avec le Mercosur sert uniquement les intérêts des grands groupes commerciaux et industriels, avec des conséquences graves pour l’agriculture européenne, l’environnement et la sécurité alimentaire. « Cet accord est emblématique d’une politique commerciale qui désavantage systématiquement les fermes agricoles », déclare Kjartan Poulsen, président de l’EMB. « Il alimente une concurrence ruineuse dans le cadre de laquelle les denrées alimentaires européennes de haute qualité et produites de manière durable ne peuvent rivaliser avec les importations bon marché. » Selon l’EMB, l’ouverture prévue du marché européen aux denrées agricoles d’Amérique du Sud, qui sont souvent produites dans des conditions bien en deçà des normes européennes, par exemple en matière de protection de l’environnement et des animaux ou de composition des denrées alimentaires, constitue un problème majeur. Pour les producteurs européens, soumis à des exigences plus strictes, cela signifie une distorsion massive de la concurrence. En outre, l’accord va à l’encontre des objectifs fondamentaux que l’UE s’est elle-même fixés, notamment en matière de protection du climat, de durabilité et d’approvisionnement régional. La hausse des importations de produits transportés sur de longues distances augmente les émissions et sape les efforts visant à rendre la production alimentaire plus respectueuse de l’environnement en Europe. L’EMB voit également cet accord d’un œil critique en matière de politique de sécurité. Un approvisionnement alimentaire stable et autonome en Europe est d’une importance capitale, tant sur le plan économique que social et politique. La dépendance croissante vis-à-vis des marchés mondiaux rend le système alimentaire plus vulnérable aux crises et affaiblit la sécurité de l’approvisionnement. En outre, l’EMB observe avec inquiétude que la politique de l’UE semble vouloir imposer l’accord sous une forte pression politique et sans contrôle démocratique suffisant. Une décision d’une telle portée doit être prise de manière transparente et avec la participation des parlements et de la société civile. L’EMB appelle donc à une réorganisation fondamentale de la politique commerciale : elle doit créer des conditions équitables pour l’agriculture, prendre au sérieux la responsabilité écologique et sociale et être fondée sur une légitimité démocratique. |