Dans de nombreuses régions d’Europe, la vague de chaleur persistante provoque des pénuries extrêmes. Après un printemps pluvieux dans des pays comme l’Irlande, la Grande-Bretagne et la France, la période sèche actuelle a un effet néfaste sur les pâturages, la production de foin ou l’ensilage, ainsi que la production de céréales et de paille. En raison des conséquences de cette sécheresse, les producteurs de lait manquent de fourrage autoproduit, très important pour les exploitations. On peut s’attendre à une hausse des coûts de production, en raison des achats de fourrage, et à une baisse des rendements laitiers.
Irlande
Après un printemps pluvieux, les producteurs irlandais doivent maintenant faire face à une vague de chaleur de plusieurs semaines et à des périodes sèches prolongées. La mauvaise croissance de l’herbe et les prairies brûlées contraignent les éleveurs laitiers à changer de pâturage ou à avoir recours à du fourrage ensilé. En plus de la moindre qualité du fourrage, la baisse des rendements laitiers s’explique également par la pénurie d’eau qui se profile. L’accroissement de la consommation épuise les ressources en eau. Une interdiction d’arroser les jardins, de remplir les piscines, de laver les véhicules, etc., a été mise en place.
Allemagne
La sécheresse persistante dans l’est et le nord de l’Allemagne s’accentue. À l’est, on observe déjà des feux de prairie et de forêt ; dans certaines régions, il n’y a pas eu de précipitations conséquentes depuis avril. Afin d’atténuer la pénurie de fourrage, certains Länder allemands ont décidé d’autoriser la récolte de fourrage sur des surfaces d’intérêt écologique. Dans l’ouest, le sud-ouest et dans les Alpes, par contre, les orages ont causé des dégâts massifs jusqu’au courant du mois de juin. Cette année, les récoltes de fourrage sont nettement inférieures à la moyenne. La très mauvaise moisson a entraîné une réduction sensible de la récolte de céréales fourragères et donc une baisse de la production de paille. L’ensilage d’herbe sera également restreint à cause de la sécheresse.
France
Le sud du pays se caractérise par un arrosage régulier des cultures, avec la disparition progressive de l'élevage, notamment laitier. Dans les autres régions de France, le lait au pâturage unique devient compliqué, celui-ci devant presque toujours être complété par de l'aliment à l'auge. Comme on le voit encore cette année, la répartition des pluies sur l'année dans chaque région, voire même dans chaque commune, dépend beaucoup des passages orageux. Il est donc de plus en plus difficile de gérer les bilans fourragers pour les animaux. Les stocks doivent être de mise tout au long de l'année pour pallier aux récoltes de plus en plus hétérogènes. Produire un litre de lait ou un kilo de viande devient de plus en plus compliqué.
Belgique
Quand on pense à la Belgique, on imagine habituellement beaucoup de pluie ; actuellement, il n’y a pas de précipitations en vue. Les vaches laitières souffrent de la chaleur, avec des conséquences pour la santé et le bien-être des animaux, ce qui entraîne une baisse des rendements laitiers. Les producteurs de lait sont déjà contraints d’acheter du fourrage ou de puiser dans les réserves d’hiver. La troisième fenaison est perdue, peut-être aussi la quatrième s’il n’y pas assez de pluie en août et septembre. Cela signifie moins de réserves pour l’hiver. Les récoltes de maïs sont satisfaisantes et les rendements ne seront réduits que dans les zones sèches.
Danemark
Au Danemark aussi, la vague de chaleur crée des problèmes. Début juillet, « l’indice de sécheresse » (Tørkeindeks) était à son plus haut niveau, soit 10 points. En comparaison, il était à 0 pendant tout l’été précédent. Sans arrosage, la faible croissance de l’herbe n’a permis d’engranger à ce jour qu’une moyenne d’1,5 fenaison. Pour les producteurs de lait, l’arrosage représente du travail et des coûts supplémentaires. Il y a trop peu de paille et certains agriculteurs en achètent déjà aux Pays-Bas voisins. La récolte céréalière devrait enregistrer une baisse de 30 à 50 % mais les pronostics pour l’ensilage de maïs restent bons. La pénurie de fourrage local pose des difficultés particulières aux producteurs de lait bio.
Italie/Tyrol du Sud
La saison de végétation a commencé avec un printemps très humide en Italie ; dans le Tyrol du Sud, un hiver enneigé a assuré une bonne humidité du sol. Dans le val Venosta (Vinschgau) au Tyrol du Sud, une période de sécheresse de plusieurs semaines a contribué à une bonne qualité de foin. L’ascension des troupeaux dans les alpages a eu lieu un peu plus tôt cette année, vu la végétation abondante. Des périodes sèches alternent avec des phases pluvieuses.
Lituanie
Les mois de mai et juin ont été extrêmement secs en Lituanie. Par conséquent, les producteurs de lait n'ont pas été en mesure de préparer suffisamment d'aliments pour les animaux, la deuxième coupe n'ayant pas bien poussé. Cette sécheresse a considérablement affecté les revenus des producteurs de lait lituaniens. Outre le prix du lait très bas, les agriculteurs subissent également des pertes liées à la baisse de la production laitière et aux faibles taux protéiques et de matières grasses dans le lait, qui déterminent le prix du lait cru. Des difficultés d'approvisionnement en fourrages sont à prévoir en hiver.
Espagne
Contrairement à de nombreux autres pays, notre association membre dans le nord de l’Espagne a connu des conditions climatiques favorables. Le printemps a eu un effet positif sur la production fourragère, avec des prix inférieurs aux années précédentes. La perspective d’une bonne récolte a également fait baisser les prix des céréales. Il reste à voir comment évolueront les prix des céréales fourragères.



