Bruxelles / Hamm, le 11.1.2010
C’est demain – mardi 12 janvier 2010 – qu’a lieu, une fois encore à Bruxelles, la rencontre du groupe à haut niveau de l’U.E. A cette occasion, les représentants des pays tiers prendront la parole pour décrire la manière dont les marchés du lait sont organisés sur leurs territoires respectifs. L’on entendra ainsi la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Etats-Unis et la Suisse. Il semble toutefois qu’aucun représentant des pays disposant d’une gestion efficace de l’offre, gestion permettant d’éviter des surplus bien chers, n’ait été convié à cette rencontre. « Selon nos informations, ni le Canada, ni un pays producteur de lait en émergence tel que l’Inde n’ont été conviés. Pourtant, leur participation à ce débat pourrait, vu leur expérience en la matière, être une précieuse contribution pour l’avenir du marché européen du lait », déclare Sieta van Keimpema, Vice-présidente du European Milk Board (EMB). En effet, les pays du sud ont fait une expérience bien négative des importations subventionnées de l’U.E, alors que le marché canadien du lait atteste, depuis des années, d’une grande stabilité quant aux prix à la consommation et à la production.
Dans sa présentation au groupe d’experts à haut niveau de l’U.E., Madame la Commissaire européenne Fischer-Boel a clairement indiqué le 5 octobre 2009 qu’il faut empêcher les importantes fluctuations sur le marché du lait, d’en accroître la transparence et renforcer la position des producteurs de lait à la table des négociations (IP/09/1420). Le groupe à haut niveau a été établi afin de trouver des solutions à ces défis précisément. « Jusqu’à présent, aucun résultat substantiel n’a encore été publié et les producteurs de lait n’ont plus été consultés depuis la réunion du mois de novembre. Il semble que, jusqu’à présent, la Commission européenne continue à éviter toute participation cohérente des acteurs économiques de l’agriculture en amont de ses décisions », déclare Willem Smeenk, membre français du Comité exécutif de l’EMB. « Par ailleurs, les travaux du groupe à haut niveau devraient aller vite et il faudrait bien plus de transparence dans le processus de consultation et de décision de ce groupe. »
La situation de producteurs laitiers est de plus en plus grave. Le prix du lait, en légère augmentation depuis l’automne, ne suffit pas pour couvrir les coûts de production et une nouvelle baisse de prix du lait se profile à l’horizon pour mars. « Pour la Normandie, une région du nord de la France, un prix de 26,5 €cent est annoncé pour mars 2010. Les agriculteurs laitiers puisent déjà depuis bien trop longtemps dans leurs réserves ; bon nombres d’exploitations sont menacées », souligne Romuald Schaber, le Président de l’EMB, en mentionnant le danger d’attendre encore avant de mettre en œuvre une politique durable du lait dans l’Union européenne.
A l’occasion de la conférence de demain, l’EMB tient à souligner une fois encore que seule une réglementation européenne du marché du lait pourra maintenir l’équilibre à court et à long terme. Les solutions nationales, voire même les propositions de certaines laiteries et de certains gouvernements de réglementer les quantités de lait par passation directe de contrats entre les producteurs laitiers et les laiteries, sont autant d’options vides de sens. Elles affaiblissent la position de négociation des producteurs et ne font qu’exacerber les fluctuations de prix et de quantités sur le marché du lait.
L’EMB propose la création d’un observatoire européen regroupant tous les acteurs du marché du lait (agriculteurs laitiers, transformateurs, négociants) qu’ils soient commerçants, décideurs politiques ou consommateurs. « Et il est également essentiel de donner la possibilité aux producteurs laitiers d’adapter les quantités produites à la demande. L’U.E. doit donc produire des conditions cadres simples qui ne coûteront quasiment rien au contribuable mais jetteront les bases essentielles d’une production laitière durable pour l’Europe. »
Personnes de contact :
Romuald Schaber (DE) : 0049/1603524703
Sieta van Keimpema (EN / NL) : 0031/612168000,
Willem Smeenk (FR) : 0033/686436156

