09-06-08: Situation en France:
Voici un petit point sur les manifestations de protestation des producteurs de lait en France durant la dernière semaine :
En Auvergne dans le département du Cantal, une laiterie du groupe Lactalis à Riom-ès-Montagnes est toujours bloquée. La situation est très conflictuelle, les laitiers ont porté plainte parce que la laiterie ne collectait plus le lait, alors que les agriculteurs ne bloquaient que la sortie des produits finis. La laiterie a porté plainte contre la FDSEA en arguant qu’elle ne pouvait pas collecter le lait si elle ne pouvait pas faire sortir les produits finis.
Les salariés de la laiterie 3A de Saint-Mamet-la-Salvetat ont manifesté et protesté contre le blocage de leur usine car ils risquent le chômage technique.
Dans le Puy de Dôme, des dizaines d’éleveurs ont bloqué les accès routiers à Clermont-Ferrand en soutien aux bloqueurs de la laiterie dans le Cantal. Ils ont obtenu un RDV avec le Préfet. Ils avaient lancé un ultimatum pour que le lait soit ramassé. Après avoir obtenu gain de cause, les barrages ont été levés.
A Paris, manifestation des Jeunes Agriculteurs (JA, branche jeunes de la FNSEA) ont manifesté devant le ministère de l’Agriculture le 5 juin (avec des slogans du type : Laitiers racketés, 28 centimes, le prix de la honte).
Dans l’ouest de la France, les producteurs de lait, à l’appel de la FNSEA, ont fait des actions de blocage des grandes surfaces en bloquant les accès aux parkings.
Dans le Doubs, des dizaines d’inscriptions peintes sur la route ont été faites en toute discrétion mais avec un fort impact médiatique avec comme slogans « lait 280€/t la honte des politiques », « lait à 28 ct le litre quelle honte – producteurs – consommateurs trompés ». Ces inscriptions ont été réalisées sur des dizaines de routes départementales.
Dans le département du Calvados, une trentaine de producteurs de lait ont laissé passer gratuitement les véhicules sur l’autoroute A13.
Dans le Tarn, des dizaines d’agriculteurs ont déployé sur la façade de l’hôtel de ville une grande bâche dénonçant l’accord conclu entre la FNPL et les industriels dans les négociations de la semaine dernière. Ils ont également déversé du lait et des déchets agricoles et allumé un feu de palettes en face de l’hôtel de ville.
Dans le Tarn toujours, une cinquantaine de producteurs de lait a déversé plus de 20 tonnes de fumier devant la Direction Départementale de l’Equipement et de l’Agriculture.
A Saint-Étienne dans le département de la Loire, une centaine d’agriculteurs ont bloqué l’accès à la Préfecture et au Conseil Général du département (action de la Confédération Paysanne).
Le 7 juin dans le Finistère et dans la Sarthe, les producteurs de lait ont bloqué les plateformes d’approvisionnement des grandes surfaces Leclerc. Action menée par les JA. Cette action a mené à de violents affrontements verbaux entre les producteurs de lait et les 200 salariés de la plateforme qui veulent défendre leur travail. Toutefois les laitiers ne bougeront pas et attendent d’obtenir satisfaction.
Le 8 juin à Champagné, dans la Sarthe, plusieurs centaines d'agriculteurs, toutes productions confondues, ont déversé une soixantaine de bennes agricoles chargées de lisier et déchets divers devant les locaux de la Socamaine, centre d'approvisionnement des magasins Leclerc.
En Loire-Atlantique, environ 400 producteurs de lait se sont rassemblés dimanche soir devant la centrale d'achat de Lidl à Sautron, selon Joël Limouzin, président de la FRSEA Pays de la Loire.
Ces actions sont menées pour la plupart par les FDSEA (branches départementales de la FNSEA) et par les JA (branche jeune de la FNSEA) qui ne sont pas du tout en accord avec les négociations qui ont eu lieu la semaine dernière bien qu’elles aient été menées par leur syndicat.
La Confédération Paysanne proteste elle aussi dans certains départements.
Du côté de l’OPL-EMB-CR voici les actions qui ont eu lieu la semaine dernière et celles qui vont avoir lieu prochainement :
Manifestation de l’OPL-EMB en collaboration avec la Confédération Paysanne mercredi 10 juin à Nantes.
Organisation d’une réunion de producteurs en Bretagne à l’appel de la CR/OPL-EMB dans la fin du mois de juin.
Lundi 8 au soir une réunion de producteurs de lait a eu lieu dans le Calvados, à l’appel de la Coordination Rurale – OPL. Cette réunion a rassemblé 400 personnes qui se sont positionnées à 85% en faveur de la grève de lait. Une autre réunion du même type sera sans doute mise en place dans le département de l’Orne.
Du côté de la presse, l’OPL-EMB ainsi que la CR et l’APLI commencent à être un peu mieux relayés par les média :
Articles dans la presse écrite: Libération, Le Figaro, France Agricole, Paris Normandie, La Nouvelle République, La Montagne Cantal, La Dépêche, Ouest France, Territoire et Horizons, L’indépendant, Centre Presse, Les Echos, Le Télégramme, Sud Ouest, L’Est Républicain, La Voix du Nord, Vosges Matin, Midi Libre, Challanges…
Plus de 25 dépêches AFP (Agence France-Presse).
Plusieurs références sur le Web, en particulier sur Google qui signale les journaux en ligne qui parle de nos positions, et également sur des sites web agricoles : Terre Net, Agri Hebdo.
Reportages télé et radio : France Info, Journal France 3, Télé Agricole…
28 cents prix de moyenne annuelle 2009 – résultat des négociations de prix laitières en France
<link fileadmin dokumente press_release frankreich mai-juli_2009 cp_09-06-15_prix_du_lait.pdf download file>Communique de presse OPL, EMB
Vers 22 heures, hier soir, a été annoncé le résultat des négociations du prix du lait entre l'industrie laitière et la FNPL, seul syndicat autorisé à représenter les producteurs de lait français. Le prix moyen annuel pour l’année 2009 ainsi décidé est de 28 cents/litres. Au cours des trois premiers mois de l'année, les producteurs ont été payés entre 30 et 32 cents/litres. Avec cet accord et après un mois d’avril payé à 21 cents le prix moyen d’ici la fin de l’année sera de l’ordre de 24-26 cents.
Dans le même temps, M Barnier, ministre français de l’agriculture a annoncé une enveloppe d’aides de 30 millions d'euros pour le secteur laitier. Il n'a pas toutefois, spécifié les critères d’attribution et sur quelles durée. Si on considère que les 30 millions sont effectivement disponibles pour 2009, ce n’est qu’un effet d’annonce puisque cela ne fera que 1,3 cent/litres de lait produit en France. Jean-Louis Naveau, Président de l’OPL (Organisation des Producteurs de Lait et Daniel Condat, 1er Vice-président) commentent : „ Cet accord ne nous surprend pas, le résultat était attendu d’autant que le prix proposé par la FNPL avant même les négociations était inférieur à 30 cts du litre, prix bien en dessous des coûts de production. C’est d’autant plus inacceptable que M Fillon, 1er Ministre et M Barnier, Ministre de l’agriculture ont affirmé qu’un prix en dessous des coûts de production ne serait pas acceptable ».
Il n’est pas à douter que même avec ce prix beaucoup trop bas, les laiteries ne pourront respecter durablement cet accord puisque le lait produit par nos collègues européens est encore à plus basque chez nous. Les importations de lait vont augmenter et mettront davantage en péril les exploitations et entretiendront les prix bas en Europe.
Ce n’est donc pas un accord national qui pourra sortir durablement les producteurs de ce marasme actuel mais véritablement une autre politique européenne.
L’OPL pense une fois de plus que maintenant seule une grève laitière européenne massive et synchronisée permettra un changement radical de la politique laitière européenne et redonnera donc l’espoir d’un avenir pour les producteurs français et européens.
Sophie Poux de l’APLI (Association des Producteurs de lait indépendants) qui sera bientôt membre de l’EMB, explique que les producteurs laitiers sont mécontents des résultats obtenus dans les négociations. « Ce niveau du prix du lait est intenable. Les 280 euros sont par ailleurs le prix maximum car les entreprises qui traitent en premier lieu des produits industriels pourront payer moins. » A propos des futures actions prévues par l’association, Poux déclare : « Demain, vendredi 5 juin, nous avons une assemblée de tous les délégués de l’APLI pour discuter de notre stratégie ». Il est clair que l’époque des accords nationaux est révolue ; il nous faut penser et agir européen. La grève du lait sera plus que jamais au centre des débats » Dès la mi juin, l’APLI organisera des réunions d’information dans toutes les régions de France.


