Dans son avis du 30 mai 2013, le Comité des régions (CdR) s'est exprimé sur la question de la suppression des quotas laitiers en Europe en 2015. Dans les questions de fond, l'avis du Comité des régions concorde avec les positions du European Milk Board (EMB). Le CdR s'est aussi exprime? en faveur d'instruments de régulation pour le marché laitier.
(Bruxelles, le 18 juin 2013) Dans sa prise de position, le CdR considère que les instruments dudit "paquet lait" de l'UE ne sont en général pas suffisants pour amortir les conséquences négatives qu'une suppression des quotas laitiers en 2015 aurait sur les régions et les exploitations familiales en Europe. Le CdR dénonce clairement le fait que les laiteries coopératives dans les principaux pays producteurs de lait de l'UE détiennent une grande partie des parts de marché - voir même une position de monopole. Pour cette raison, le CdR se prononce en faveur de la création d'organisations de producteurs, mais attire également l'attention sur le manque de pouvoir de négociation de ces dernières face aux laiteries.
Le CdR critique en outre les marges croissantes de la filière agroalimentaire et de la grande distribution, qui ne sont pas répercutées sur les producteurs, ainsi que le manque de prévisibilité des revenus pour les éleveurs laitiers, dû aux fluctuations du prix du lait. Afin d'assurer le revenu des producteurs, le CdR propose de prendre en compte les coûts de production lors des négociations du prix du lait. Il demande également que la possibilité d'une éventuelle prolongation du système des quotas laitiers jusqu'en 2019/2020 soit examinée, en prenant en compte les expériences de la libéralisation des marchés en Suisse et aux États-Unis. Dans le cas d'une suppression des quotas, la mise en œuvre d'instruments de régulation complémentaires serait indispensable.
Une gestion de crise efficace se caractèrise, selon le CdR, surtout par une bonne réactivité. Les informations sur les livraisons de lait doivent être rassemblées aux niveaux national et européen. Cela suppose une gestion directe par la Commission européenne ou via une Agence européenne de régulation. Une gestion de crise au niveau de l'industrie de la transformation- comme le revendique occasionnellement l'industrie laitière - n'est cependant pas compatible avec cette approche globale.
L'EMB se voit conforté par l'avis du CdR quant à sa revendication de règles contraignantes pour le marché et appelle les décideurs politiques à également intervenir de manière soutenue en faveur de la mise en œuvre d'instruments de marché efficaces. C'est la seule manière d'assurer de facon durable la production la laitière dans toutes les régions de l'UE.

