COMMUNIQUE DE PRESSE
Bruxelles, 18 septembre 2009
Lait: propositions de la Commission Européenne
Non au plan d’éradication des producteurs.
Il n’y a pas trop de producteurs, mais trop de production !
Face à la colère et au désarroi des producteurs, pour qui détruire leur production est un acte extrême, la Commission Européenne n'a rien trouvé de mieux hier que de proposer d'éliminer les exploitations laitières les plus fragiles.
Pourtant les dernières décennies de restructuration permanente de l'agriculture européenne (et de la pêche) ont montré que ce n'est pas ainsi qu'on rééquilibre le marché et les ressources. La même production s'est concentrée dans des exploitations beaucoup moins nombreuses, mais de plus en plus grandes, de plus en plus industrialisées, à l'opposé du modèle dont nous avons besoin pour Copenhague.
Il n'y a pas trop de producteurs, mais trop de lait. Il faut donc maîtriser la production et la réguler grâce à :
- des droits à produire non marchands que l'UE peut adapter aux besoins du marché,
- des modes de production plus durables,
- des droits de douane légitimés par un abandon de toute forme de dumping (export à un prix inférieur au coût de production).
La Coordination Européenne Via Campesina demande que la pénalité de dépassement du quota soit obligatoire et non laissée au choix des Etats Membres. Mais cela doit aller de pair avec un prix du lait rémunérateur et une répartition des quotas plus juste. Les montants versés ne doivent pas être utilisés pour la dite restructuration, mais pour au contraire pour aider les petites et moyennes exploitations à se maintenir.
La Commissaire propose de détourner les sommes allouées lors du bilan de santé aux « nouveaux défis » vers la restructuration laitière. C'est un non sens à quelques semaines de Copenhague: les défis climatiques, énergétiques et de biodiversité doivent être une priorité politique.
La proposition de passer d'une régulation publique à une gestion privée de la crise sous forme de contractualisation entre industrie et producteurs est un nouveau cadeau à l'industrie laitière : elle profitera à une minorité de producteurs, les plus gros, à qui l'industrie offrira les meilleurs contrats.
La transparence des marges entre production et distribution, et leur limitation sont une nécessité: on a bien vu ces dernières années à qui profite la volatilité des cours.
La proposition d'un marché à terme du lait, alors que la crise financière a montré les dangers de la spéculation, est une proposition dangereuse. On ne joue pas avec l'alimentation.
L'UE a tort de jouer avec le feu, de jouer sur les tensions possibles entre producteurs: les citoyens comprennent que le lait doit être payé à sa juste valeur et produit durablement.
Contacts :
Lidia Senra (PT/ES/FR) + 34 609 84 5861-
René Louail (FR) + 33 6 7284 8792
Gérard Choplin , bureau ECVC à Bruxelles (FR/EN/DE) +32473257378

