Berlin/ Bruxelles, le 19 janvier 2017 : Lacs de lait, montagnes de beurre... et maintenant un massif de lait en poudre ! La Commission européenne prévoit, dans les mois à venir, la mise sur le marché de 400.000 tonnes de lait écrémé en poudre issu de l'intervention. Pour les exploitations laitières, déjà dans une situation précaire, la vente de lait en poudre constitue un scénario menaçant.
Sieta van Keimpema, productrice de lait des Pays-Bas et vice-présidente de l'European Milk Board (EMB), met en garde contre le fait que « pour de nombreux producteurs, la situation est de plus en plus une question de survie. À l'heure actuelle, le prix du lait passe la barre des 30 centimes, mais avec des coûts de production de 45 à 50 centimes par kilo de lait, nous subissons toujours d'importantes pertes. Tous les mois, les producteurs de lait européens doivent payer de leur poche au lieu de pouvoir vivre des revenus de leur travail ! » À titre d'exemple, en Belgique, le prix du lait est de 29 centimes, contre des coûts de production de 46 centimes. Constat similaire en Allemagne, où le prix du lait de 33 ct/kg ne suffit pas pour couvrir les coûts de production de 45 centimes. Selon Madame van Keimpema, le lait en poudre mis sur le marché par la Commission européenne menace la hausse nécessaire des prix du lait à un niveau rémunérateur.
Les producteurs de lait ont besoin d'un instrument de gestion de crise permanent
Avec son programme de réduction des volumes, la Commission européenne avait posé les jalons pour une reprise du prix du lait, qui s'imposait d'urgence. Un pas important qui, pour la première fois dans le contexte de la crise actuelle, s'attaquait au problème de la surproduction. La suite logique doit être la mise en place d'un instrument de gestion de crise permanent. Le producteur de lait belge
Erwin Schöpges, membre du comité directeur de l'EMB, appelle à l'introduction d'un instrument de gestion de crise contraignant, dans le but de stabiliser le marché. « Le régime d'intervention n'apporte pas de solution aux problèmes du marché laitier, mais ne fait que les reporter. Avec les montagnes de lait en poudre on nous présente maintenant la facture », explique Erwin Schöpges. Il renvoie dès lors au Programme de responsabilisation face au marché (PRM) de l'EMB qui permet d'éviter les volumes excédentaires. Ce programme prévoit notamment une réduction volontaire de la production permettant une gestion des volumes de lait en période de crise. Il comporte en outre l'avantage d'une activation rapide des mesures prévues, grâce à un mécanisme d'observation. Cela permet d'éviter qu'un déséquilibre du marché ne se transforme en crise majeure.
Même si cette mesure s'imposait beaucoup plus tôt, la Commission européenne a finalement mis en place avec succès le régime d'une réduction volontaire de la production, tel que l'EMB le revendiquait de longue date. Avec le PRM, l'instrument de gestion de crise de l'EMB, les décideurs politiques ont à leur disposition un outil à même de stabiliser le secteur de façon durable et de lui épargner de douloureuses crises. « Le seul moyen de sortir de cette crise est la mise en place d'un instrument de gestion de crise légalement contraignant ! », réclame M. Schöpges.
Contacts :
Vice-présidente de l'EMB Sieta van Keimpema (DE, EN, NL): +31 (0)6 1216 80 00
Membre du comité directeur de l'EMB Erwin Schöpges (DE, FR): +32 (0)497 90 4547
Membre du comité directeur de l'EMB John Comer (EN): +353 (0) 87 205 7846
Contact presse de l'EMB Regina Reiterer (DE, EN, FR): +32 (0) 2 808 1935


