(Bruxelles, le 18 novembre 2020) Selon le « baromètre écologique 2019 » du ministère fédéral allemand de l'Alimentation et de l'Agriculture (BMEL, cf. Ökobarometer 2019), les consommateur.trice.s allemand.e.s achètent de plus en plus souvent des produits biologiques. Les normes sociales et un revenu équitable pour les producteur.trice.s figurent parmi les raisons de ce choix. Mais les produits biologiques sont-ils vraiment durables sur le plan économique et social ?
Comme le montrent des chiffres actuels, le prix moyen payé aux producteur.trice.s de lait biologique en Allemagne était de 47,17 centimes par kilogramme lors de la campagne laitière 2019/20. Selon cette étude récente, les coûts de production s'élèvent quant à eux à 64,63 ct/kg. Cela signifie qu’il manquait 17,46 ct/kg aux producteur.trice.s de lait bio pour couvrir l’ensemble de leurs coûts.
Au cours des cinq années de 2014/15 à 2018/19, les producteur.trice.s de lait biologique ont payé en moyenne 51,70 centimes pour les seuls intrants et frais généraux d'exploitation, hors coûts de la main-d'œuvre. Il ne restait donc que 8,41 centimes par kilogramme de lait bio pour la rémunération du chef d'exploitation et de la main-d’œuvre familiale. Cela ne correspond qu'à un taux horaire d'environ 7,62 euros qui n’atteint même pas le niveau du salaire minimum en Allemagne. Selon le pronostic des coûts pour la campagne laitière 2019/20, le taux horaire de cette année ne s’élèverait même qu’à environ sept euros. Le lait biologique ne peut donc pas vraiment être qualifié de durable sur le plan social et économique.
Les résultats de l’étude sur les coûts de production du lait biologique en Allemagne proviennent du Bureau d'agriculture et de sociologie agricole (BAL) et sont mis à jour chaque année.
Toutefois, les producteurs allemands ne sont pas les seuls à être confrontés à des prix non rémunérateurs. Kjartan Poulsen, vice-président de l'EMB et producteur de lait biologique à Outrup, au Danemark, explique : « Tout comme dans le secteur conventionnel, l’écart entre les prix payés pour le lait biologique et les coûts de production se creuse dans de nombreux pays européens. Dans ces conditions, l'objectif du Pacte vert de la Commission européenne, à savoir 25 % d'agriculture biologique d'ici à 2030, ne pourra être atteint. Une augmentation sensible de produits biologiques durables dans l'UE demeurera ainsi un rêve lointain ».
Évolution des coûts et prix du lait bio
L’indice MMI du lait bio montre l’évolution des coûts de la production laitière biologique. L’indice MMI bio de la campagne laitière 2019/20 est de 97, ce qui signifie que les coûts de production des exploitations laitières biologiques en Allemagne ont diminué de trois pour cent par rapport à l’année de référence 2015/16 (2015/16 = 100). Par rapport à l’année précédente (2018/19), les coûts ont cependant augmenté de deux pour cent.
Voyez ici l’évolution des coûts, du prix ainsi que de l'indice MMI du lait bio dans le temps.
Rapport prix-coût (part non couverte des coûts)
Le rapport prix-coût montre dans quelle mesure le prix du lait couvre les coûts de production des exploitations laitières biologiques. Pendant la campagne laitière 2019/20, le prix du lait a permis aux producteur.trice.s de lait bio de couvrir seulement 73 % de leurs coûts de production ; la part non couverte des coûts était donc de 27 %, soit 17,46 centimes par kilogramme de lait bio.
Le graphique ci-dessous illustre ce déficit depuis la campagne laitière 2012/13.
Étude des coûts de production dans six des principaux pays producteurs de lait
Le calcul des coûts de production ne se limite pas aux exploitations laitières biologiques. En effet, les coûts moyens de production de toutes les exploitations laitières font eux aussi l’objet d’analyses régulières. Celles-ci révèlent également que le prix que reçoivent les producteur.trice.s de lait ne leur permet pas de couvrir leurs coûts de production.
Les résultats de l'étude sur les coûts de production du lait en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas en 2017 sont disponibles ici.
La production laitière se caractérise par un manque à gagner chronique – comment y remédier ?
L’European Milk Board (EMB) propose d’ancrer dans la législation un instrument de gestion de crise capable d’agir contre le déficit chronique dans la production laitière. Le Programme de responsabilisation face au marché (PRM) observe et réagit aux signaux du marché en ajustant temporairement la production en temps de crise par exemple.
Lisez ici une brève description du Programme de responsabilisation face au marché (PRM) de l’EMB.
Contexte :
L’European Milk Board (EMB), le BDM (Bundesverband deutscher Milchviehhalter) et le MEG Milch Board ont chargé le BAL (Büro für Agrarsoziologie und Landwirtschaft) de réaliser une étude sur les coûts de production du lait bio, mise à jour sur une base annuelle. Ces analyses viennent compléter l’indice laitier MMI (Milk-Marker-Index), publié depuis 2013, ainsi que l’étude sur les coûts généraux de la production laitière dans plusieurs pays membres de l’UE, publiée par l’EMB.
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Vanessa Langer – contact presse de l'EMB (FR, DE, EN) : +32 (0)484 53 35 12


