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Pas de surprise : la dernière analyse des coûts de production dans le secteur laitier européen montre que les coûts ne sont de nouveau pas couverts en 2023.

Demande au nouvel observatoire de l'UE : utiliser une méthode de calcul équitable garantissant la transparence et trouver des moyens de sortir de la non-couverture des coûts de production

Associée à une position équitable des producteurs au sein de la chaîne de création de valeur, la transparence des coûts et des prix joue un rôle très important. L’Observatoire européen de la chaîne agroalimentaire (AFCO) vient seulement de tenir sa première réunion pour justement mettre en place cette transparence. Les méthodes pour y parvenir existent dans la filière lait. Depuis des années, le BAL, Bureau pour la sociologie agricole et l’agriculture, détermine ainsi les chiffres actualisés prévalant aux coûts et aux prix du lait selon une méthode représentative. Les dernières données actualisées pour l’UE viennent d’être publiées : sur la moyenne des cinq dernières années, les prix ne couvrent que 88 pour cent des coûts de production. Consultez ici le lien de la présentation de ces chiffres de coûts actuels.

 

Les prix payés aux producteurs et les subventions ne suffisent toujours pas à couvrir les coûts de production du lait

Si l’on examine les données à l’échelle de l’UE depuis 2017, il apparaît clairement que le grand déséquilibre entre coûts de production et prix non rémunérateurs constitue l’amer quotidien des agriculteurs. Sur les dernières années, les coûts non couverts vont de -22 pour cent (en 2018) à -6 pour cent en 2023. Seule l’année 2022 fait figure d’exception. Le BAL indique dans son étude des coûts de production, publiée récemment : L’explosion des intrants et moyens de production depuis 2020, en particulier pour l’engrais, le fourrage et l’énergie, surpasse et absorbe l’augmentation des recettes découlant de la hausse des prix du lait. Après que les prix du lait payés aux producteurs ont pour la première fois été rémunérateurs en 2022, le déséquilibre entre coûts de production et prix payé au producteur s’est nettement accru en 2023, car les prix du lait ont de nouveau chuté tandis que les coûts de production sont restés élevés.

 

Source : BAL, 2024

« Il faut se servir de ces informations sur les marges (négatives) des producteurs pour enfin prendre des mesures qui conduisent à la couverture totale des coûts de production », affirme Kjartan Poulsen - Président de l’European Milk Board asbl (EMB). L’EMB a mandaté le BAL d’effectuer des études sur les coûts de production afin de fournir des données de base essentielles au secteur laitier et aux pouvoirs publics. « La méthode de calcul est très importante, car elle est à la fois représentative et intègre également dans son calcul un revenu adapté pour les éleveurs », selon M. Poulsen. Selon le Vice-président de l’EMB, Elmar Hannen, cela offre déjà des bases de données et des méthodes de calcul potentielles très prometteuses au sein de l’UE. L’EMB met volontiers ses méthodes de calcul à la disposition de l’UE pour lui permettre enfin d’avancer de façon constructive sur le sujet des prix rémunérateurs. Il y aurait selon lui encore des améliorations à apporter par la Commission européenne sur les données sous-tendant le Réseau d'information comptable agricole (RICA) pour avoir une base de données européennes plus récente.  

 

 Ne pas manquer l’objectif prioritaire de l’Observatoire

 

M. Hannen adresse également une demande importante à la Commission européenne à propos de l’Observatoire nouvellement créé, l’AFCO : « Il ne faut à aucun moment perdre de vue que l’objectif prioritaire de l’Observatoire est d’améliorer la position des producteurs au sein de la chaîne. » Les raisons sont, selon lui, connues depuis bien longtemps : les agriculteurs quittent massivement la production, la jeune génération ne parvient pas à se lancer en raison de l’absence de toute forme de rentabilité, toute la production alimentaire de l’Union européenne se trouve de ce fait au bord du gouffre. « Si l’on veut que l’Observatoire avance, son objectif ne peut se faire torpiller par d’autres intérêts. De nombreux groupes d’intérêts divers ont envoyé des représentants à l’Observatoire. Il ne faut pas que cela contribue à faire échouer l’objectif de créer un revenu équitable pour les producteurs. » On compte sur la Commission européenne pour diriger le groupe de sorte qu'on n’aboutisse pas à des résultats manquant de précision et de pertinence. « Nous attendons que les contributions non constructives de la part d’acteurs qui n’ont pas intérêt à voir s’améliorer la position des producteurs soient identifiées comme telles et que l’on œuvre enfin en faveur de prix rémunérateurs pour les agriculteurs », souligne Elmar Hannen.

 

Les données européennes du BAL sur les coûts et les prix sont univoques et montrent la réalité du secteur laitier dans toute sa dureté. Impossible désormais pour l’UE de fermer les yeux sur ces données. « Les agriculteurs ne l’accepteront plus. Ils gardent leur attention rivée sur l’Observatoire et les futures propositions de réforme de la part de la Commission européenne. En cas de déception de ces attentes, un risque de protestations dont la vague s’étendrait à nouveau sur toute l’UE mais aussi d’effondrement dangereux du secteur agricole et de la production alimentaire nous menace », affirme Kjartan Poulsen. 

 

 

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Relations publiques : office@europeanmilkboard.org