Bulletin comme PDF
Contact
EMB - European Milk Board asbl
Rue de la Loi 155
B-1040 Bruxelles
Tel.: +32 - 2808 - 1935
Fax: +32 - 2808 - 8265
Chers amis producteurs et productrices de lait, chers sympathisants,
Depuis octobre 2018, une loi en faveur des agriculteurs a été votée en France : la loi EGalim. Avec cette loi EGalim (États généraux de l’alimentation), tous les agriculteurs et agricultrices français étaient censés obtenir, enfin, des prix rémunérateurs, c’est-à-dire avoir des prix qui couvrent leurs coûts de production. Pour y arriver, un contrat devait être signé entre les producteurs ou plus souvent leurs coopératives, les industriels et les distributeurs. Jusque-là, nous, adhérents de l’EMB, pouvions qu’être d’accord avec ce procédé surtout quand l’initiateur, notre président de la République, annonce que pour y arriver, le départ sera nos coûts de production. Bravo ! Enfin un président qui a tout compris et qui va régler les problèmes.
Mais, petit bémol : qui fixe les coûts de production ? Il est donc inutile de vous expliquer que dans ce cas-là, ce ne sont pas les agriculteurs, mais la profession ou plutôt l’interprofession. Chez nous, pour la production laitière en France, c’est le CNIEL, la « Maison du Lait ». Malheureusement, force est de constater que cette maison n’a jamais travaillé en faveur du paysan. Et puis, on nous répond que nos coopératives sont très actives ; qu’elles nous représentent très bien et, de fait, elles peuvent se permettre de signer à notre place. Il me semble superflu de s’étendre sur le sujet des coopératives et surtout sur ce qu’elles sont devenues pour la plupart… En résumé, inutile de se voiler la face, dès sa conception, cette contractualisation était bien mal engagée.
Alors, il nous restait de croire quand même que nos élus, ceux qui théoriquement nous veulent que du bien, fassent l’arbitre entre tout ce beau monde afin de protéger celui qui est le premier maillon de la chaîne et qui finalement est devenu le plus faible, c’est-à-dire : nous. Eh bien, même pas ! Jusqu’aujourd’hui, les élus de notre gouvernement ne bougent même pas le petit doigt ; ils n’exigent aucune transparence de la part de tous ceux qui nous captent la plus-value sur notre dos. Pire encore, pour les concepts qui voudraient rémunérer encore mieux qu’EGalim, l’État les oblige à adhérer à un organisme certificateur en leur payant de grosses sommes d’argent annuellement sous prétexte que ceux-ci obligent nos payeurs à être juste au-dessus du prix du marché. Mais quelle honte ! Dans quel monde vivons-nous ?
Alors, pas depuis 2018, mais depuis 2010, le concept du Lait équitable est né à l’EMB, d’abord en Autriche, et existe maintenant en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, en Italie, en France, en Suisse… Ce concept, à quelques détails près, ressemble vraiment à la loi EGalim : la marque appartient aux agriculteurs ; le prix est fixé par les agriculteurs ; les contrats sont signés avec les agriculteurs, les vrais, ceux qui se salissent du matin jusqu’au soir et toute l’année. Ainsi, le producteur retrouve vraiment une indépendance, une motivation, ce qui fait multiplier sa force et renoue des liens forts avec ceux qui achètent finalement nos produits, les consommateurs.
Alors, mesdames et messieurs nos élus de tous les gouvernements d’Europe : ne pensez même pas à mettre en place une loi EGalim sur tous les territoires, et encore moins des « prix planchers ». Cela sera voué à l’échec compte tenu qu’il n’y a aucune volonté politique pour une juste répartition de la plus-value entre tous.
Il faudrait qu’il se produise un vrai miracle pour qu’enfin les consciences se réveillent. En revanche, mettez en avant, partout où vous pouvez, notre concept du Lait équitable. Mais le « vrai », celui des agriculteurs et non celui des coopératives, ni celui des industriels, ni celui de la distribution et encore moins des personnes qui ont compris qu’il y avait encore une fois de plus, de l’argent facile à prendre entre les partis. D’ailleurs, vous pourriez nous aider à le développer dans d’autres productions agricoles ? Nous nous tenons à votre disposition pour vous aider à régler cette crise qui n’a que trop duré.
C’est l’agriculture avec ses agriculteurs et agricultrices qui doivent être durables et non une crise !
Boris Gondouin, membre français du conseil d’administration de l’EMB et responsable du Lait équitable
La passion agricole au féminin : Stéphanie Mottiez
Agée de seulement 29 ans, Stéphanie Mottiez, coopératrice au Lait équitable Faireswiss et originaire du Valais, dirige sa propre exploitation laitière. « Quand j’étais enfant, je n’imaginais pas devenir agricultrice. Ça me semblait trop difficile, trop physique », raconte Stéphanie Mottiez, jeune productrice de lait industriel pour Cremo. À la tête de la Ferme des Perrières depuis 2020, cette habitante de Massongex chérit son indépendance.
En savoir plus...Di fair Milch Säuliamt : quand le régionalisme se heurte à des obstacles
En Suisse, un pays dont l’industrie alimentaire accorde une place centrale à la qualité et à l’origine de ses produits, le Lait équitable Di fair Milch Säuliamt doit prendre une décision difficile. Faut-il miser sur une certification régionale et s’engager sur cette voie pour garantir un avenir durable ? Depuis sept ans, le projet de Lait équitable Di fair Milch Säuliamt connaît un franc succès. La stabilité, voire la légère hausse, des chiffres de vente témoigne de la fidélité d’une clientèle qui attache non seulement de l’importance au fait que les paysans bénéficient de prix équitables, mais qui apprécie également l’origine régionale des produits.
Nul ne peut sous-estimer l’importance du régionalisme dans la société de consommation actuelle. Ce concept offre non seulement aux consommateurs et consommatrices une garantie de qualité et de fraîcheur, mais il renforce également l’économie locale et favorise les pratiques agricoles durables. Dans ce contexte, le Lait équitable Di fair Milch Säuliamt doit maintenant répondre à une question cruciale : faut-il obtenir le label « Suisse Garantie », qui certifie l’origine régionale pour l’ensemble de la Suisse ?
Ce projet est toutefois semé d’embûches. Pour obtenir cette certification, nous devons consentir d’importants investissements financiers et abattre une charge de travail considérable. Par ailleurs, il est de plus en plus clair que le secteur du commerce alimentaire de détail se tourne vers un assortiment de produits régionaux aussi large que possible. La question que nous devons nous poser est de savoir si la certification pourrait enfin nous ouvrir les portes des rayons des deux géants suisses de la distribution, Migros et Coop, dont la part de marché cumulée dépasse 70 %. Malgré les refus conséquents que nous avons essuyés jusqu’à présent, nous pourrions éventuellement espérer obtenir une réponse positive grâce à une certification. Une telle évolution accélérerait évidemment notre croissance et nous donnerait accès à un marché plus large.
La nécessité de prendre une telle décision est symptomatique des difficultés que rencontrent les petites et moyennes entreprises dans le secteur agroalimentaire suisse. Si les avantages d’une telle certification sont évidents (visibilité accrue et meilleure acceptation par les consommateurs, position renforcée dans les négociations avec les détaillants), les obstacles initiaux, y compris bureaucratiques, représentent pour beaucoup un obstacle (trop) grand.
Eu égard à la situation actuelle de l’industrie laitière en Suisse, où de nombreux agriculteurs et agricultrices sont confrontés à de faibles prix du lait, nous estimons également qu’il est de notre devoir de montrer l’exemple et d’inciter les autres à envisager des démarches similaires. Investir dans des produits durables et régionaux est une stratégie à long terme qui permet d’assurer le succès de l’agriculture et de lui offrir des perspectives. Mais nos efforts ne sont-ils pas trop importants compte tenu de nos minces chances de réussite ?
Le Lait équitable Di fair Milch Säuliamt représente non seulement un produit de qualité, mais il incarne aussi un mouvement prêt à défendre les intérêts et les droits des familles paysannes. En fin de compte, la décision de s’engager ou non sur la voie de la certification montrera jusqu’où nous sommes prêts à aller pour défendre ces principes.
Werner Locher, Président, Di fair Milch Säuliamt
D’fair Mëllech : pionnier du Lait équitable au Luxembourg
Au cœur du Luxembourg, la coopérative Fairkoperativ, avec sa marque D’fair Mëllech, se dresse comme un phare de durabilité et de commerce équitable dans l’industrie laitière. Notre coopérative innovante ne se contente pas de produire du lait ; elle vise à favoriser une communauté qui valorise le respect des personnes, des animaux et de la nature. En s’unissant à d’autres producteurs et productrices à travers l’Europe, par exemple en se mobilisant au Salon International de l’Agriculture (SIA) à Paris, Fairkoperativ et ses partenaires plaident pour un avenir où l’agriculture est juste et équitable pour tous.
En savoir plus...La Semaine verte 2024 : une grande affluence à Berlin
Cette année, près de 275 000 visiteurs ont franchi les portes du parc des expositions de Berlin à l’occasion de la Semaine verte internationale. Cette légère baisse de fréquentation est probablement liée à la grève des conducteurs de train qui a compliqué l’arrivée des visiteurs. Cette baisse ne s’est toutefois pas fait ressentir sur notre stand, bien au contraire.
En savoir plus....Action grandiose des producteurs et productrices européens à Paris
Lors de leur action conjointe et pacifique au Salon International de l’Agriculture (SIA) à Paris, des agriculteurs et agricultrices de différentes filières venus de toute l’Europe ont appelé la politique à apporter une véritable solution pour répondre à la crise agricole. Leur revendication commune : une agriculture équitable – MAINTENANT ! À cette fin, il est primordial de mettre en place les réformes de marché pour un prix rémunérateur et équitable dès à présent afin de construire enfin une agriculture équitable.
En savoir plus...Une déclaration audacieuse à Paris pour des prix équitables du lait
Dans un effort déterminé pour défendre les droits et les moyens de subsistance des producteurs et productrices de lait, l’Association des Producteurs de Lait Indépendants (APLI), FaireFrance, Faircoop et le MIG, aux côtés de partenaires de l’European Milk Board (EMB), ont organisé une mobilisation significative au Salon International de l’Agriculture (SIA) à Paris le 26 février. Cette action n’était pas une simple visite ; c’était une déclaration audacieuse, un plaidoyer pour la justice et un appel à des pratiques durables dans le secteur laitier.
En savoir plus...Mentions légales
European Milk Board asbl
Rue de la Loi 155
B-1040 Bruxelles
Tel: +32 2808 1935
Fax: +32 2808 8265
E-Mail: office@europeanmilkboard.org
Website: http://www.europeanmilkboard.org
