(Coblence, 31/08/2020) « Nous, les agricultrices et agriculteurs, sommes disposés à faire davantage en termes de durabilité, si nous pouvons être sûrs qu’à l’avenir, nos coûts de production – y compris un revenu équitable pour les producteurs – seront couverts et que les normes européennes ne seront pas sapées par des accords commerciaux ! » C’est sous cette devise qu’un bateau, portant des producteurs de lait de l’European Milk Board (EMB) et du BDM (Bundesverband Deutscher Milchviehhalter), appareille aujourd’hui du Coin allemand (Deutsches Eck) à la rencontre des ministres de l’agriculture de l’UE réunis à Coblence. Ces agriculteurs venus de toute l’Europe et les vaches à lait équitable, aux couleurs de plusieurs pays européens, qui se trouvent également sur le bateau, ont transformé pour la journée ce lieu en Coin européen. Il est le point de départ de plusieurs actions marquantes des producteurs de lait. En plus de leur croisière symbolique, le BDM et l’EMB réclament aussi des ministres de l’agriculture de l’UE présents, à travers une manifestation sur place, qu’ils adoptent une vue plus large du thème de la durabilité.
Pour Erwin Schöpges, producteur de lait belge et président de l’European Milk Board (EMB), les actions de Coblence sont un signal important envoyé aux responsables politiques : « nous, les producteurs de lait européens, sommes prêts à apporter notre contribution pour plus de protection de l’environnement et du climat et davantage de bien-être animal. Nous ne pouvons toutefois nous permettre plus de durabilité écologique que si les aspects sociaux et économiques sont pris en compte à importance égale. Ce n’est qu’ainsi que les exploitations pourront se maintenir et que les jeunes agriculteurs auront un avenir. » Lors de la manifestation devant la Rhein-Mosel-Halle, le lieu de la réunion des ministres de l’agriculture, Sieta van Keimpema, vice-présidente de l’EMB et originaire des Pays-Bas, ajoute : « il ne faudrait pas non plus que les normes européennes soient contournées par des importations de pays tiers. Une stratégie complète de durabilité doit empêcher le dumping. Cela impose d’exclure les produits agricoles des accords de libre-échange. »
À midi, en mangeant à la cuillère la soupe symbolique cuisinée par les ministres de l’agriculture, censée représenter les errements de la politique agricole (en référence à une expression allemande signifiant « payer les pots cassés »), Boris Gondouin, producteur de lait de France et membre du comité directeur de l’EMB, explique : « une stratégie complète de durabilité doit aussi comprendre un prix du lait qui nous permette d’en vivre. En Europe, nous observons cependant un déficit chronique de couverture des coûts car les prix sont trop bas. La pandémie de coronavirus n’est qu’un épisode supplémentaire d’une longue série de crises qui continuent de tirer les prix payés aux producteurs vers le fond. » Son collègue Erwin Schöpges précise : « Pour nous, les représentants d’un secteur pour qui les crises ne sont pas une nouveauté, cette dernière crise nous démontre que les instruments comme le stockage ne sont que de fausses solutions. Nous avons besoin d’instruments de gestion de crise qui permettent d’adapter l’offre de manière flexible et temporaire. Avec notre Programme de responsabilisation face au marché, l’EMB contribue activement à trouver une solution constructive.
« Ce n’est qu’avec des instruments de gestion de crise efficaces et une modification de la politique agricole européenne que nous pourrons assurer dans le long terme une production durable de produits laitiers de haute qualité. Nous devons nous détourner du paradigme actuel (grandes quantités et prix bas), qui force les producteurs à produire des matières premières agricoles au prix le plus bas et à leurs frais, au profit d’une production véritablement durable du point de vue social, économique et écologique », résume Johannes Pfaller, membre du comité directeur de l’EMB et producteur de lait d’Allemagne, l’après-midi sur le bateau qui l’emmène, lui et les autres producteurs de lait, sur la Moselle à la rencontre des ministres de l’agriculture. Son appel aux ministres de l’agriculture de l’UE est clair : « Si l’on veut obtenir une durabilité véritable en Europe et mettre en œuvre avec succès les stratégies prévues, comme le Pacte vert et De la ferme à la table, il faut travailler avec et pas contre les agriculteurs. Asseyez-vous avec nous et travaillons ensemble à l’avenir de notre secteur. »
Les producteurs de lait de l’EMB ne s’en remettent pas uniquement à la politique, mais aussi à leurs propres forces et au contact direct avec les consommateurs. Par exemple, la marque Le lait équitable, qui a été lancée sur le marché dans plusieurs pays européens par les producteurs de lait eux-mêmes, montre que les prix rémunérateurs ne sont pas une chimère. Toutefois, pour qu’ils ne soient pas l’exception mais la règle, une condition doit être remplie : un cadre politique adéquat. Celui-ci devra voir le jour dans le cadre d’un dialogue poussé avec les agriculteurs de l’UE.
Contexte :
Voici une proposition permettant de convaincre de manière constructive les producteurs de lait du bien-fondé des stratégies de durabilité de l’UE (en anglais).
Pancartes utilisées lors des journées d'actions
Contacts :
Erwin Schöpges, président de l’EMB (DE, FR, NL) : +32 (0)497 904 547
Sieta van Keimpema, vice-présidente de l’EMB (DE, NL) : +31 (0)6 12 16 80 00
Johannes Pfaller, membre du Comité directeur de l’EMB (DE, EN) : +49 (0)170 4573679
Boris Gondouin, membre du Comité directeur de l’EMB (FR) : +33 (0)679 620 299
Silvia Däberitz, directrice de l’EMB (DE, EN, FR) : +32 (0)2 808 1936
Vanessa Langer, service de presse de l’EMB (DE, EN, FR) : +32 (0)2 808 1935


