Bulletin de l'EMB mars/avril 2022
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Chers amis producteurs et productrices de lait, chers sympathisants,

Alors que la pandémie de Covid-19 s'essouffle, au moins pour l'instant, les producteurs de lait rencontrent des défis nouveaux et familiers, mais travaillent d'arrache-pied, tant au niveau politique que sectoriel, pour ouvrir la voie à des améliorations bien nécessaires de leur situation. Les agriculteurs et agricultrices ont dû faire face à de nombreuses tempêtes, depuis l'avènement des supermarchés discount et la pression à la baisse sur les prix des produits laitiers exercée par les détaillants et les transformateurs, l’abolition du système des quotas en 2015 et les attentes irréalistes de pouvoir être compétitif sur un marché mondial tout en couvrant les coûts et en engrangeant un revenu décent, jusqu'à des tendances plus récentes : la perspective d'un Pacte vert, le désir des consommateurs et consommatrices de plus de durabilité et la diminution de l'appétit pour la viande et les produits laitiers.
Le fil conducteur est la difficulté qu’ont les producteurs laitiers individuels, petits et grands, à contrebalancer le pouvoir de négociation des transformateurs et des détaillants. Ce n'est qu'ensemble, par l’intermédiaire d'associations régionales, nationales ou européennes comme l'European Milk Board, que les producteurs de lait ont une chance de faire pencher la balance en leur faveur. Toutefois, des initiatives ont vu le jour et ont disparu. En Allemagne, le récent « Agrardialog », lancé à l’initiative de l’industrie et des détaillants suite aux protestations des agriculteurs en 2019, n'a pas encore donné les résultats escomptés, malgré l'approche constructive des producteurs laitiers.
En fin de compte, seul un cadre politique solide, au niveau national et surtout au niveau de l'UE, peut engendrer le changement nécessaire, c'est-à-dire créer des conditions de marché qui renforcent la position du secteur primaire par rapport au secteur secondaire. Il convient de trouver un équilibre entre les solutions fondées sur le marché et les mesures de gestion qui permettent aux producteurs laitiers de couvrir leurs coûts et d'obtenir un revenu suffisant.
En ce qui concerne la durabilité et le bien-être animal, la reconnaissance de l’incapacité du marché à garantir seul une transition vers une meilleure protection du climat et de l’environnement doit être bien plus importante. Le « Pacte vert » ne fonctionnera que si les exploitations agricoles peuvent offrir des moyens de subsistance décents aux agriculteurs et si les efforts supplémentaires consentis par ces derniers sont rémunérés équitablement. À cette fin, un cadre politique efficace est nécessaire.
Au niveau national allemand, nous espérons que les signaux prometteurs du nouveau gouvernement se traduiront bientôt par des propositions concrètes. Au niveau européen, la réforme de l'Organisation commune des marchés (OCM) négociée par le Parlement européen et le Conseil européen dans le cadre de la Politique agricole commune de l'UE a donné quelques résultats positifs. Nous les soutenons, notamment, la réduction temporaire des volumes en temps de crise, mais nous ne pouvons pas nous en désintéresser tant que la mesure ne sera pas effectivement activée en cas de besoin.
Dans cette édition de notre bulletin d’information, vous trouverez des informations sur les indicateurs de marché les plus importants. Nos collègues belges du MIG font le point sur une récente augmentation du prix du lait en 2021, qui s'est avérée insuffisante. Nos organisations membres suisses, BIG-M et Uniterre expliquent comment la baisse des prix du lait menace à terme la production, tandis que Kaspars Melnis, du Conseil de coopération des organisations agricoles lettones, évoque les disparités croissantes des prix d'achat du lait. Les collègues du BDM discutent, entre autres, d'une augmentation du prix du lait récemment convenue en Allemagne, qui – de manière problématique – ne s'applique qu'au lait certifié QM+, tandis que la Coordination Rurale se penche sur les détails du label bas-carbone en France.
J'espère que vous apprécierez la lecture de ce bulletin d’information !
Elmar Hannen, membre du conseil d’administration de l'EMB et du BDM
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